• Gérer, c’est être méthodique

    Établir un budget mensuel permet d’optimiser ses dépenses, mais évite aussi d’annuler une semaine en Toscane à l’heure de payer ses impôts. Mais comment procède-t-on ?

    Faites un tableau. Sur une feuille, tracez trois colonnes pour y relever, sur les six derniers mois, le total de vos frais fixes (loyer, impôts, charges…), ceux relatifs à vos loisirs et le montant de votre épargne. Calculez la moyenne et repérez les “fuites”, sachant que votre épargne, comme vos frais de loisirs, doit représenter environ 10 % de votre budget total.

    Épargnez en début de mois. Le bénéfice sera double, vous aurez la possibilité de faire face à une dépense exceptionnelle et cela vous rassurera.

  • Moins dépenser au supermarché

    Si vous avez du mal à gérer votre budget au supermarché, Georges Chétochine*, spécialiste des comportements du consommateur, vous suggère de faire vos courses sans vos enfants, mais avec :

    -Une calculette pour comptabiliser vos achats au fur et à mesure.

    -Une poussette de courses et non un chariot gigantesque qui incite au remplissage.

    -Une liste pour éviter de se laisser tenter par des extra. Mais attention, celle-ci doit être divisée en trois parties : les incontournables (yaourts favoris, thé attitré…), les substituables (éponges de la marque distributeur, essuie-tout générique…) et les éliminables (plats cuisinés, viennoiseries surgelées…).

    * Auteur du Marketing des émotions (Eyrolles).

  • Payer en liquide le plus souvent possible

    « Plus on place l’argent dans le concret, plus il est facile de réaliser des économies », explique la psychologue Carla Blieck. D’où l’idée de placer, en début de mois et après avoir approvisionné votre épargne, de l’argent liquide dans des enveloppes consacrées : “alimentation”, “loisirs”, “garde-robe”…

  • Apprendre à mieux dépenser

    Notez vos dépenses sur un petit carnet pour avoir un aperçu des achats inutiles. ça vous conduira vite à éliminer le superflu.

    Comparez les prix et les produits sur Internet avant d’acheter, en surfant sur www.touslesprix.com ou www.achetezfacile.com

    Recherchez la simplicité ! Pourquoi se ruiner dans un cuit-vapeur alors qu’il existe la “marguerite” (panier universel) pour moins de 10€ ?

    Faites réparer : si votre lecteur DVD tombe en panne, misez sur le réparateur agréé de quartier, sûrement moins cher que le recours au distributeur.

    Vérifiez vos factures. D’après une enquête*, près de 7 % des prix affichés en grande surface ne correspondent pas aux prix enregistrés à la caisse.

    Revoir son contrat d’assurance santé : La santé est primordiale, mais vous dépensez peut-être plus que vous ne devriez. Pensez à comparer les assurances santé pour trouver la plus adaptée à vos besoin au meilleur tarif.

    * Direction générale de la concurrence (2007).

  • Soyons futées !

    Gérer votre budget vous place dans le camp des malignes, pas des radines. Une nuance qui change tout. « Étymologiquement, être futée signifie “qui sait échapper au chasseur”. Celles qui le sont ont simplement appris, à force d’expérience, à déjouer les pièges du marketing et de la consommation excessive, note Marie-Claude François-Laugier*, psychologue et psychanalyste. La radine, elle, ne sait pas donner. Elle est obsédée par la peur du manque et garde tout, ce qui rend la vie de son entourage insupportable. » Rien à voir avec nous !

    * Auteure de Comment régler ses comptes avec l’argent et L’Argent dans le couple et la famille (les deux, Payot).

  • Oser négocier

    « Depuis quelques années, le consommateur se comporte comme une entreprise et fait baisser les prix », explique Robert Rochefort, directeur du Crédoc. Alors, pourquoi certains ne parviennent-ils pas à marchander ? Parce que ça peut donner l’impression de quémander et renvoie à une position infantile. Dommage, car « marchander, c’est montrer notre pouvoir dans la fermeté en se plaçant à égalité avec l’autre. C’est un acte de croissance personnelle », commente la psychanalyste Marie-Claude François-Laugier.

    Son conseil ? Fixer à l’avance un prix qu’on ne dépassera pas en se rappelant qu’il n’y a pas de quoi se laisser griser par la liesse de la dépense.

  • Je délègue ou pas ?

    À partir de quel montant est-il plus économique de faire soi-même son ourlet, son brushing, sa pizza ? Tout dépend de votre salaire de base. Marie-Paule Dousset* propose un petit calcul instructif : imaginons que vous gagnez 2 700€ nets par mois. Retirez le coût de votre travail (transport, cantine, garde d’enfant, frais de représentation…) et les impôts. Imaginons qu’il vous reste 1.800€ pour 160 h de travail par mois (temps de transport compris). Vous travaillez donc au tarif de 11,25€ de l’heure. Vous avez intérêt à déléguer à partir du moment où ce que vous devez faire vaut moins de cette somme horaire.

    Exemple : une couturière vous demande 7€ pour l’ourlet d’un pantalon, travail que vous pouvez expédier vous-même en 20 minutes. Sa main-d’œuvre vous coûte alors deux fois plus que votre propre coût horaire. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

    * Auteure de Savoir économiser (Flammarion).

  • Vive la frugalité heureuse

    Avouons-le : les partisans de la “décroissance” sont un brin rabat-joie lorsqu’ils prédisent que consommer toujours plus causera notre perte économique et écologique. Mais, à y regarder de près, les adeptes de ce nouvel art de vivre ont de vraies bonnes idées dont il serait idiot de se moquer.

    « Ils se nourrissent sainement, recyclent les objets, donnent ce qu’ils n’utilisent pas, pratiquent le troc solidaire, optent pour le vélo, la lecture, les tablées d’amis… », relate la spécialiste Pascale de Lomas*. Résultat : les “décroissants” découvrent qu’en consommant moins, ils s’épanouissent davantage. Pour découvrir d’autres vertus à la frugalité heureuse, un livre clé à 3,50€ seulement : Petit traité de la décroissance sereine de Serge Latouche (Mille et Une Nuits).

    * Auteure de Gagnez moins, vivez mieux (Hachette Pratique).

  • Parée pour être “consomm’actrice”

    « Réservez une part de votre budget pour défendre le monde dans lequel vous voulez vivre », suggère Marie-Paule Dousset. Celui du poissonnier ou de l’épicier du coin de la rue, par exemple. Bien évidemment, la note sera un plus salée qu’ailleurs mais, comme vous avez déjà fait des économies, quelle satisfaction de privilégier l’humain de temps en temps…

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