Le patron de l’IAB France explique comment l’événement du secteur de la publicité en ligne s’adapte au reconfinement et ce qu’il mettra en lumière.

JDN. Coronavirus oblige, l’IAB France a dû revoir la formule de son Adtech Summit, qui se déroulera le 20 novembre prochain. Quelle forme prendra l’événement ?

Nicolas Rieul est président de l’IAB France. © S. de P. Criteo

Nicolas Rieul. Nous ne nous sommes jamais posés la question d’une annulation car il est important pour un organisme comme le nôtre de jouer son rôle de vigie de la publicité en ligne. Les décideurs ont en effet plus que jamais besoin d’être informés sur les grands enjeux de notre marché. Nous avons, en revanche, longuement hésité à garder une dimension physique… L’Adtech Summit, c’est aussi un moment de rencontres et de networking, l’occasion d’échanger entre experts sur des problématiques bien définies. Chose qui, lorsque tout se fait en ligne, est bien évidemment beaucoup plus difficile à réaliser.

Le reconfinement est, depuis, arrivé et nous avons opté pour un événement qui sera accessible à tous, gratuitement, en ligne. Pour le reste, rien n’a changé, nous alternerons une mâtinée de tables-rondes, interview et keynotes sur les grands sujets du marché de la publicité, avec une après-midi d’ateliers organisés par notre partenaire l’IAB Tech Lab, au cours desquels nous rentrerons dans le vif de normes et autres chantiers techniques.

L’Adtech Summit, c’est effectivement aussi des workshops animés par l’IAB Tech Lab. Quelles seront les grandes thématiques ?

La table-ronde d’ouverture évoquera le sujet du Digital Services Act et de la nouvelle régulation numérique qui se profile. Il sera également question cette année de mesure et d’attribution, d’identification à des fins de ciblage, de brand safety… Les thématiques ne changent pas vraiment au fond mais la manière de les adresser, oui. Prenons le sujet de l’identification, qui fera l’objet de plusieurs d’ateliers. L’un d’entre eux permettra de faire le point sur Rearc, ce projet initié par l’IAB Tech Lab pour repenser les standards de l’identification dans un monde sans cookie tiers. Rares sont les acteurs au fait des évolutions de ce projet qui pourrait pourtant structurer notre marché. Nous allons donc en profiter pour expliquer où on en est et comment ce projet pourrait s’interfacer avec une autre initiative dont on parle beaucoup, Privacy Sandbox. Nous nous félicitons dans tous les cas d’avoir réussi à renouveler notre partenariat avec cet architecte de la pub de demain qu’est l’IAB Tech Lab. Son président, Dennis Bucheim, viendra évoquer les challenges qui se présentent en cette fin d’année.

L’événement est axé autour du “digital new age”. Entre la crise du coronavirus qui s’éternise et le flou qui entoure l’avenir des cookies de ciblage, n’y-a-t-il pas de quoi craindre ce nouvel âge digital ? 

“Ce n’est pas la première fois que notre secteur doit faire face à des changements profonds”

Non ! Tout simplement parce que ce n’est pas la première fois que notre secteur doit faire face à des changements profonds. Nous avons dû faire face à la démocratisation des adblockers ou à l’essor du mobile, avec un environnement in-app qui n’avait rien à voir avec ce que l’on connaissait via le Web. De même, nous avons dû composer avec la révolution programmatique, qui a profondément bouleversé la structure de notre marché. Prenez le sujet de la privacy qui est aujourd’hui omniprésent. Le marché a su rapidement se saisir de cette problématique en donnant naissance à un nouveau standard, le Transparency & Consent Framework, qui offre plus de contrôle et de transparence à l’utilisateur, tout en aidant notre secteur à se mettre en conformité avec le RGPD.  

Cette course au changement dure depuis maintenant plus de 15 ans… Et à chaque fois, nous avons réussi à nous en sortir par le haut. Je ne vois pas pourquoi il en serait différemment. D’autant que les usages des consommateurs n’ont de cesse de se digitaliser et que les annonceurs auront plus que jamais besoin d’appréhender correctement cet environnement, s’ils veulent pouvoir communiquer de manière efficace.

S’il ne fallait retenir qu’une raison de venir à l’Adtech Summit, quelle serait-elle ?

La nécessité de s’adapter à un cadre mouvant. Mieux on est informé, plus on est à même de voir dans les changements qui s’annoncent une opportunité de transformation. C’est terriblement banal mais, en ces temps de crise, plus que jamais vrai. C’est en ça qu’un événement comme le nôtre me semble important. L’IAB est une association qui fédère l’intégralité de la chaîne, depuis l’éditeur jusqu’à l’annonceur, en passant par les adtech et les agences médias. C’est tout cet écosystème que l’on retrouvera le 20 novembre prochain, avec côté éditeurs, des têtes d’affiche comme Pierre Louette des Echos ou Louis Dreyfus du Monde, qui partageront leurs challenges en tant que médias au business model diversifié, et côté annonceurs, des marques comme Club Med et Air France, qui expliqueront comment elles internalisent une partie croissante de leurs actions marketing.

Pour s’inscrire : cliquer ici