Le cofondateur de la plateforme de prêts à la consommation fait part de son optimisme pour les mois à venir, en particulier pour son activité BtoB.

JDN. Au premier confinement, votre activité BtoC avait baissé entre 30 et 50% en termes de volumes. Est-ce du même ordre pour ce deuxième confinement ?

Charles Egly, CEO et cofondateur de Younited Credit. © Younited Credit

Charles Egly. Le second confinement n’a pas trop d’impact sur notre activité parce qu’il est plus léger. Il permet aux gens de continuer à se projeter. Comme nous faisons des crédits pour financer les projets des gens, la demande ne diminue pas. Cette situation est vraie dans les cinq autres pays où nous opérons. Nous avons même retrouvé nos niveaux d’avant crise durant l’été. En septembre, nous avons connu un effet de rattrapage. Ceux qui avaient mis en pause leurs projets, les ont actionnés. Depuis octobre, avec la perspective de reconfinement, l’activité a été un peu plus ralentie. 

Lors du premier confinement, vous avez lancé des prêts à taux zéro destinés aux travailleurs sur le front (personnel médical, gendarme, pompier…). Combien de prêts avez-vous octroyés ?

Nous avons octroyé 4 millions d’euros. Ce qui veut dire que nous n’avons pas utilisé l’intégralité de l’enveloppe de 5 millions d’euros. C’est normal en raison de la baisse de la demande de crédit liée au premier confinement. Les gens se projetaient moins. Ils ont moins consommé et ont donc augmenté leur épargne.

A cette période, vous aviez également mis en place des mécanismes de suspension de prélèvement de prêts pendant trois mois pour ceux qui en avaient besoin et sous certaines conditions. Avez-vous remis en place ce dispositif ?

Non et nous n’allons pas le remettre en place parce que nos emprunteurs vont mieux. Leurs revenus sont maintenus avec les mesures de chômage partiel mises en place dans les gouvernements des pays où nous sommes présents. De plus, la consommation est en baisse. Les emprunteurs ont augmenté leurs niveaux d’épargne, il est plus facile pour eux d’honorer leurs mensualités. Depuis mars, les défauts sont en baisse de 15 à 20%. Le taux de défaut est, selon les géographies, de l’ordre de 5 à 7%. On va rester sur cette tendance-là, même s’il va réaugmenter à un moment pour atteindre le niveau d’avant crise puisque le chômage partiel va sûrement se transformer en chômage réel.

Votre activité BtoB, elle, se porte très bien. Vous enchaînez les annonces depuis quelques mois…

“En 2020, le BtoB va représenter 20% de notre activité et un tiers l’année prochaine” 

Nous avons signé des partenariats avec Lydia, Fortuneo, Microsoft ou encore mis en place de nouveaux programmes avec Bpifrance. Nous discutions avec ces partenaires depuis le début de l’année. On savait que le BtoB avait énormément de potentiel mais on ne s’attendait pas à ce que le confinement accélère autant les choses. De nombreuses entreprises ont ouvert des canaux online pour compenser la perte de revenus sur le offline. En 2020, le BtoB va représenter 20% de notre activité et un tiers l’année prochaine. Nous allons annoncer d’autres gros partenariats BtoB dans les semaines qui viennent.

Bpifrance fera partie de ces annonces ?

Chacune des enveloppes mises en place dans le cadre de programmes avec Bpifrance a vocation à être augmentée et de nouveaux programmes pourrons être créés. Par exemple, l’enveloppe concernant les prêts rebonds (des prêts à taux zéro entre 10 et 50 000 euros sur sept ans pour les PME, octroyés par les régions françaises et financés par Bpifrance, ndlr) va sûrement être augmentée par Bpifrance. Sur les 250 millions d’euros disponibles, 245 millions d’euros ont déjà été octroyés.

Mis à part ces projets conjoints, quels sont vos propres projets ? Lors de notre dernier entretien en mai, vous évoquiez un projet de coach financier. Où en est-il ? 

Il s’appelle Younited Coach et sortira en version définitive d’ici la fin de l’année ou le début de l’année prochaine. Nous sommes encore en AB test. Il sera gratuit et accessible aux clients de Younited Credit mais aussi ceux qui ne le sont pas. Grâce à la DSP2 (directive européenne sur les services de paiement, ndlr), nous pouvons analyser les dépenses récurrentes d’une personne (avec son consentement pour accéder aux données de son compte bancaire, ndlr), comme l’assurance, la salle de sport, les télécommunications, la banque et lui proposer des économies substantielles tous les mois soit en changeant de fournisseur soit en l’aidant à maîtriser au mieux ses habitudes. Plus tard, nous pourrons même dire à une personne qui vient sur notre site qu’il n’a pas besoin de prendre un crédit d’un petit montant, c’est-à-dire entre 1 000 et 2 000 euros, et qu’il a juste à faire des économies.

N’est-ce pas un peu se tirer une balle dans le pied ? Ou alors est-ce une question de marge  ?

C’est aussi notre promesse client et notre image. C’est aussi pour cette raison que nous avons refusé dès le début de faire du crédit revolving pour nous concentrer sur le crédit amortissable. 

Charles Egly a cofondé Younited Credit en 2009. Auparavant, il a passé un peu plus de six ans chez BNP Paribas, à Paris et Hong-Kong. Il est diplômé de HEC Paris.