La majorité des processeurs et composants électroniques proviennent d’Amérique du Nord et d’Asie, laissant l’Europe avec la portion congrue : le Vieux Continent ne représente plus que 10% d’un marché mondial des semiconducteurs de 440 milliards de dollars, alors que le secteur a des implications géostratégiques immenses.

Les grands acteurs européens peinent à s’imposer face aux géants d’autres continents et les perles technologiques tendent à être rachetées au lieu de constituer le coeur d’un écosystème qui pourrait permettre à l’Europe d’avoir le contrôle sur ses technologies mais aussi de les diffuser à l’extérieur.

En l’état, l’Europe risque de se trouver en position de faiblesse et de ne pas avoir la maîtrise de ses technologies à un moment critique d’émergence d’un monde hyper-connecté et de ne pas avoir forcément accès à l’état de l’art, avec toujours un cran de retard par rapport à d’autres zones géographiques.

Bosch wafer

Treize pays européens, dont l’Allemagne et la France, veulent encore croire qu’il est possible de s’imposer aux énormes forces de marché représentés par les Etats-Unis et l’Asie et plaident pour une alliance industrielle passant par la mise en commun d’investissements massifs et l’établissement de standards communs.

Redonner une place à l’Europe

Cela devra passer par la mobilisation des acteurs privés et publics et un effort collectif et concerté pour lequel une première pierre a été posée avec la décision d’allouer 145 milliards d’euros pour des projets dans le domaine du numérique.

Parmi les grands acteurs du secteur des semiconducteurs, seuls STMicroelectronics et Infineon figurent dans le Top 15 mondial. Et s’il est question de souveraineté européenne, il s’agit aussi de parvenir à diffuser les technologies européennes dans le monde entier.

Toutefois, face à des économies qui financent lourdement la R&D de leurs fleurons technologiques et les encadrent à l’aide de plans industriels, l’avancée en ordre dispersé de l’Europe ne facilite pas la cohésion des efforts.

Cette première mise en commun des efforts est donc saluée par Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur et au numérique”, comme “un bond en avant important“. Reste à savoir si les jeux ne sont pas déjà faits.