En novembre dernier, le président de la République Emmanuel Macron annonçait le souhait du gouvernement de mettre en place de nouvelles mesures pour soutenir les entreprises ayant souffert de la crise économique liée à la pandémie de COVID-19.

Avec une estimation de 8 milliards d’euros de crédits supplémentaires injectés – soit un total de 20 milliards d’euros d’aides apportées par le gouvernement français aux entreprises de l’hexagone, le déficit public devrait atteindre les 8,5% du PIB et le calcul de la dette s’élèver pour sa part à 122,4% en 2021.  Une embellie pour les entrepreneurs qui devront continuer l’an prochain à naviguer des flots incertains.

Pour le philosophe français Maurice Blondel, « L’avenir ne se prévoit pas, il se prépare » et quelle qu’ait été l’année 2020, les entreprises n’ont d’autres choix que de se tourner vers l’avenir, en retenant les leçons des défis actuels et en tirant parti des opportunités qui en sont nées. De leur côté, les organisations en pleine clôture financière doivent également se préparer à motiver leurs employés dans le cadre de cette reprise, à prendre le pouls de leur ressenti avant la nouvelle année pour mieux l’anticiper. Le CAC 40 a d’ailleurs progressé de 50% depuis le 16 mars dernier, ce qui constitue un signe encourageant. Toutefois, la prudence reste de rigueur.

Les salariés joueront un rôle essentiel en 2021 pour soutenir l’économie dans sa remontée. Or, la morosité ambiante, liée aux successions d’annonces et à l’incertitude qui continue de régner face au virus, entraine un besoin de communication accrue entre les managers et leurs équipes.

Remettre l’employé au cœur des préoccupations pour surmonter la crise

Parmi les facteurs de motivation couramment cités pour la rétention des employés, figure la communication du management. Elle est en effet essentielle à la motivation d’un collaborateur et peut jouer un rôle déterminant dans son implication et son envie de rester dans son entreprise. C’est pourquoi il est aujourd’hui nécessaire de remettre l’écoute et l’échange au cœur des stratégies de management. Dans une société à la fois individualiste et très digitalisée, le manque de communication a longtemps été une norme. Or, dans un contexte dans lequel toutes les lignes ont bougé, cela n’est plus envisageable. Nous devons à présent revenir à une approche holiste de l’entreprise, développer une forme de ce que nous pourrions qualifier de proximité distancielle.

Le sociologue français Emile Durkheim estimait à juste titre que les comportements individuels étaient dictés par les “faits sociaux”. Quoi de mieux qu’une crise pour illustrer ce constat ? Il s’agit pour les entreprises et les managers de revenir à ce qu’il appelle en 1893 la “solidarité organique”, à savoir le lien social qui caractérise la société moderne et encourage les différences pour valoriser l’individu, comme c’est le cas dans notre société actuelle. La cohésion étant alors avant tout morale, les employés sont interdépendants au niveau de leurs compétences et de leurs spécificités, et non du facteur économique. Ils ne rejoignent plus une entreprise par loyauté comme c’était le cas il y a encore une vingtaine d’années.

C’est là que le bât blesse, car ce niveau avancé d’individualisation et de personnalisation nécessite une réévaluation des méthodes de gestion des employés ; d’autant plus lorsque ceux-ci sont en majorité isolés par la nouvelle norme de travail qu’impose la pandémie actuelle. En d’autres termes, en 2021, il s’agit de trouver l’équilibre, de savoir être présent sans micro-manager, d’accompagner sans surveiller, de faire confiance, mais surtout de communiquer clairement. Cela permettra d’apporter de la clarté aux équipes et de favoriser leur engagement et leur investissement. Cela limite ainsi les malentendus, les incompréhensions, les non-dits et donc les conflits exacerbés par la distance et l’isolation des employés.  De cette manière, par le truchement de l’individualisation, les managers reviendront vers une collectivité professionnelle et favoriseront la reprise des entreprises.

“Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément»

Les mots de l’écrivain, poète et critique français Nicolas Boileau dans l’Art Poétique, pourraient tout aussi bien s’appliquer à la communication entre les équipes. Dans une société de sur-communication, nous n’avons jamais autant eu besoin de clarté et de simplicité. Les entreprises sont toutes confrontées au dilemme de l’inconnu des mois à venir. Que 2020 ait été une année florissante ou complexe, les dirigeants savent que rien n’est acquis, et que la seule certitude repose dans la manière dont ils aborderont les mois à venir. Si “en guerre, comme en amour, il faut se voir de près” (Napoléon Bonaparte), les dirigeants qui tireront leur épingle du jeu seront ceux qui travailleront de concert avec leurs équipes, étudieront stratégiquement les éléments du marché à leur disposition et mettront en place plusieurs scénarios d’anticipation. Ainsi, les entreprises qui disposeront d’outils d’échanges réguliers avec leurs salariés et de traitement des données à distance seront plus à même de détecter plus facilement les moteurs de motivation et de comprendre les freins de la productivité de leurs équipes pour aborder la rentrée. Car il est aussi important dans ces périodes de rassurer et d’offrir des perspectives. 

Si personne n’est capable de dire ce qu’il se passera dans trois mois, il est toutefois possible de tendre vers des objectifs, de voir au-delà de cette crise, afin de planifier à long terme et surmonter la crise. Leur définition et leur mise en place, en impliquant l’ensemble des ressources de l’entreprise, permettra de projeter concrètement, et de mener sa mission de manière plus sereine.