Comprendre et reproduire les conditions de fusion nucléaire se jouant au coeur du soleil, c’est l’un des objectifs du centre de recherche coréen KSTAR (Korea Superconducting Tokamak Advanced Research) dont le but est de créer l’équivalent d’un soleil artificiel qui donnerait accès à une production d’énergie bien pluis puissante que notre actuelle fission nucléaire des centrales.

Au lieu de récupérer l’énergie libérée en brisant de gros atomes (fission), il s’agit d’exploiter celle encore plus importante générée par la réunion de petits atomes pour en créer de plus gros (fusion), à l’image de ce qui passe au coeur des étoiles, et donc dans le Soleil.

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Mais déclencher la réaction de fusion nécessite des températures extrêmement élevées et maintenues dans le temps afin de vaincre les forces assurant la cohésion des atomes et générer une soupe de constituants élémentaires qui pourront se recombiner en atomes plus gros.

L’élément de base de ces réactions est l’atome le plus simple et le plus abondant de l’Univers, l’hydrogène, avec son électron tournant autour d’un noyau constitué d’un proton.

La nouvelle expérimentation coréenne, réalisée fin novembre, a ainsi permis de maintenir un plasma chauffé à plus de 100 millions de degrés pendant 20 secondes, soit beaucoup plus longtemps que les 8 secondes du précédent test de 2019.

L’avenir du nucléaire ?

C’est aussi deux fois plus longtemps que ce que l’on est parvenu à réaliser jusqu’à présent en réacteur. L’objectif est maintenant de continuer à allonger cette durée jusqu’à atteindre 300 secondes d’ici 2025.

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S’il s’agit ici de travaux expérimentaux, il n’est pas encore question d’exploiter l’énergie colossale qui sera générée par le processus de fusion nucléaire. Plusieurs projets pour réaliser des réacteurs à fusion sont en cours, dont le projet international ITER en cours de construction en France.

Il faudra aussi compter avec la Chine qui a récemment mis en route un réacteur à fusion expérimental. Les enjeux sont énormes puisque la source de ce type d’équipement, l’hydrogène, est facile d’accès, et que la fusion produit peu de déchets à l’inverse de la fission laissant des matériaux radioactifs durant des dizaines, centaines ou milliers d’années.