Comment fédérer ses équipes à l'heure du Covid-19 ? Maintenir la cohésion des équipes à l’heure du masque, de la distanciation physique et du télétravail n’est pas un vœu pieux. Cela doit même devenir une priorité si les entreprises veulent envisager efficacement la relance.

Pendant le confinement, l’engagement des collaborateurs vis-à-vis de leur entreprise a été mis à mal. Du jour au lendemain, leur poste de travail s’est déplacé, les relations avec leurs collègues se sont réinventées.

Solliciter la prise de parole du dirigeant

Pour renouer avec le sentiment d’appartenance à un collectif, “il faut un guide”, explique Franck Cheron, associé chez Deloitte. Le dirigeant est certainement la figure la mieux placée en interne pour redonner du sens aux équipes et rappeler la mission de l’entreprise. C’est en partageant une vision commune que les salariés sauront retrouver une proximité avec leur équipe, même si celle-ci est géographiquement éclatée.

Manager avec des objectifs clairs

“En particulier lorsque l’environnement de travail est dégradé, les managers doivent donner des objectifs clairs à leurs collaborateurs”, indique Patrick Amar, directeur général du cabinet Axis Mundi. Ces objectifs doivent être à la fois individuels pour impliquer personnellement les individus et collectifs pour créer une dynamique de groupe.

“Plutôt que de donner un seul objectif à long terme, mieux vaut en donner 4 ou 5 que l’équipe peut atteindre plus rapidement”

“Pour éviter qu’une équipe perde le fil d’un projet, d’autant plus si elle est à distance, il est important d’organiser des points d’étape réguliers, qui permettront à tous les membres de comprendre les avancées concrètes de chacun”, ajoute Pascal Martin, docteur en psychologie à l’ESSCA. Un avis partagé par Franck Cheron. “Plutôt que de donner un seul objectif à long terme, mieux vaut en donner 4 ou 5 que l’équipe peut atteindre plus rapidement.”

Instaurer de nouveaux rituels managériaux

Avec le port du masque et la distanciation physique, les pauses entre les collaborateurs sont souvent expédiées. Pour remplacer ces moments d’échanges informels, qui se déroulent habituellement autour de la machine à café ou du baby-foot, les managers peuvent organiser des “visio-cafés” mais aussi des jeux, par exemple pour clôturer une semaine.

Pour maintenir l’équipe soudée, les réunions formelles peuvent, elles aussi, être réinventées et se dérouler à l’extérieur, dans un parc proche de l’entreprise ou sur la terrasse d’un café, en respectant les mesures barrières. “A l’heure du télétravail, il est encore plus pertinent de se servir du présentiel pour faire de la gestion d’équipe, c’est-à-dire fédérer les collectifs, créer de la cohésion sociale”, confirme Franck Cheron.

Valoriser les réussites collectives

Une équipe a finalisé un projet avec brio, remporté un appel d’offres, validé une phase importante dans le cycle d’un projet ? Ce n’est pas parce que la situation sanitaire est anxiogène qu’il faut passer les réussites collectives sous silence. Au contraire : dans un contexte d’incertitudes et alors que l’ambiance de travail est parfois plombée par la pandémie, “célébrer les victoires du quotidien est plus que jamais nécessaire pour créer de la proximité entre les membres d’une équipe”, assure Patrick Amar.

“Le feedback doit être plus régulier lorsque les équipes sont géographiquement disséminées”

De la même manière, féliciter ses équipes lorsqu’on est manager est une bonne manière de les maintenir motivées et engagées dans leur mission. D’une manière générale, “le feedback doit être plus régulier lorsque les équipes sont géographiquement disséminées”, indique Franck Cheron.

Renouer avec le team building

“A condition de respecter les gestes barrières, il est encore possible d’organiser des opérations de team building pour ressouder ses équipes”, rappelle Benjamin Cluzel, directeur communication et engagement chez AXA France. Challenges sportifs, activités créatives, opérations solidaires, engagement auprès d’associations… Qu’importe le format de l’événement pourvu qu’il soit vecteur de synergies entre les membres d’une équipe.

Le team building sera d’autant plus apprécié par les salariés après les semaines de confinement, où toute activité récréative a été mise à l’arrêt. Lorsque les conditions sanitaires ne permettent pas d’organiser des sessions de team building de manière physique, le digital peut prendre le relai.

Accompagner les élans de solidarité

En faisant naître de la compétition entre les membres d’une équipe, les managers valorisent la réussite des uns mais aussi l’échec des autres. S’ils souhaitent que leur équipe se serre les coudes durant cette période, ils ont tout intérêt à favoriser la solidarité. Pour instaurer cette culture, il est possible de s’appuyer sur le coaching des uns par les autres. “Faire des binômes d’individus ayant des compétences complémentaires, c’est créer de l’entraide et de la camaraderie”, illustre Patrick Amar. Et pour cause : dans une équipe qui coopère, le progrès de chacun est l’affaire de tous.

“Les collaborateurs peuvent par exemple partager un acte de bénévolat sur un sujet périphérique à l’entreprise”

La solidarité peut se jouer en dehors des murs de l’entreprise. “Les collaborateurs peuvent par exemple partager un acte de bénévolat sur un sujet périphérique à l’entreprise. C’est d’autant plus pertinent si leur entreprise est sensible aux questions sociétales”, selon Franck Cheron.

Donner davantage d’autonomie

Manager par la confiance impacte positivement la cohésion d’équipe. “C’est un signe de bonne santé lorsqu’un manager s’absente et que l’équipe continue de fonctionner”, assure Patrick Amar. Laisser davantage d’autonomie à son équipe encourage ses membres à être encore plus soudés.

Une stratégie que Sébastien Sagols, directeur commercial chez Gamned plébiscite depuis le début de la crise. “J’invite mon équipe à se concerter pour résoudre un maximum de problèmes en toute autonomie. Tout en gardant un œil attentif sur le déroulement des opérations, je fais preuve de confiance. Cela favorise l’esprit d’équipe, l’intelligence collective et la prise d’initiatives”, raconte-t-il.