Avec les problèmes de finalisation de ses techniques de gravure, Intel a dû miser bien plus longtemps que prévu sur la gravure en 14 nm, occasionnant des problèmes de production et la création d’une situation de pénurie de ses processeurs, tous les composants se retrouvant sur le même noeud de gravure au lieu d’être répartis sur plusieurs noeuds.

Intel s’est débattu pour augmenter ses capacités et discute avec d’autres fondeurs pour externaliser une partie de sa production. De son côté, le concurrent AMD a profité de la gravure en 7 nm de TSMC pour imposer son architecture Zen 2 en prenant des parts de marché sur tous les segments. L’arrivée de Zen 3 devrait de lui donner du carburant.

Pendant qu’Intel se débat pour proposer des processeurs en 10 nm et a déjà commencé à retarder son arrivée sur le 7 nm, des acteurs comme TSMC et Samsung proposent déjà de la gravure en 5 nm et passeront bientôt à 3 nm.  Si les qualités de gravure ne sont pas les mêmes, l’entreprise donne l’impression de piétiner quand la concurrence avance à grands pas.

Certains segments du marché lui échappent aussi. La firme a dû abandonner ses projets de conception de modems 5G et s’est tournée vers un partenariat avec MediaTek pour mettre de la connectivité cellulaire dans ses plates-formes. L’intelligence artificielle à grande échelle, avec ses puissants composants dédiés, se joue ailleurs chez d’autres acteurs, notamment Nvidia.

Changement de CEO pour nouvelle stratégie globale

Cet ensemble de problématiques a conduit un important actionnaire activiste à demander des comptes et à réclamer une scission de l’entreprise pour séparer activités de conception et fonderie.

Pat Gelsinger CEO Intel

Pat Gelsinger

Sans forcément répondre à cette attente, la direction d’Intel a promis d’étudier différentes pistes pour se relancer. Une première étape dans ce cheminement passe par l’annonce du départ du CEO actuel Bob Swan

C’est désormais Pat Gelsinger qui occupera ce rôle à partir du mois de février, fort de 40 ans d’expérience dans l’industrie high-tech, dont 30 ans chez Intel.  Même si Intel assure que ce changement de poste n’est pas lié aux performances financières, les marchés ont salué cette annonce avec une hausse du cours d’Intel de près de 10%.

Ils comptent sur cette nomination pour insuffler une nouveau cap et une stratégie plus en accord avec les défis actuels. Il s’agira aussi de faire oublier la dégradation des positions d’Intel sur les processeurs, entre la poussée d’AMD et la menace grandissante des processeurs ARM, désormais soutenus par Apple.