Reconfinement : les rumeurs de dates qui commencent à circuler [RECONFINEMENT] Invité au 20 heures de TF1 ce jeudi, le ministre de la Santé a confirmé qu’un troisième confinement n’était pas exclu. Un média assure que la décision est prise et qu’elle pourrait être annoncée début février.

[Mise à jour du vendredi 22 janvier 2021 à 11h09] Matignon aurait pris la décision d’un troisième confinement généralisé à compter du 15 février 2021, d’après le magazine Entreprendre, qui tient ses informations d’un proche de Jean Castex. Selon cette source, “le Premier Ministre sait que seul un confinement général pourrait mettre un coup d’arrêt à la pandémie. Dans le cas contraire, les restaurants et les bars ne pourront sans doute pas rouvrir avant l’été. Et encore, dans le meilleur des cas.” Le reconfinement pourrait être annoncé début février, entrer en vigueur le 15 février et durer quatre semaines au moins, précise le site d’informations. 

Invité au 20 heures de TF1 ce jeudi, le ministre de la Santé Olivier Véran a pourtant assuré que le gouvernement souhaitait “donner sa chance au couvre-feu”, avancé à 18 heures dans tous les départements depuis le 16 janvier dernier. Toutefois, si la situation sanitaire s’aggrave, les restrictions de déplacement seront durcies, a assuré le ministre. “Cela peut aller jusqu’à un confinement si la situation doit l’exiger”, a-t-il précisé. Sur la question du maintien de l’ouverture des écoles, le ministre de la Santé a rappelé que l’exécutif avait “toujours fait le choix, après le premier confinement, de ne pas fermer les écoles. L’éducation de nos enfants est absolument cruciale.” Même en cas de reconfinement, les écoles pourraient donc rester ouvertes. En attendant, les voix en faveur d’un troisième confinement continuent de s’élever : “On n’échappera pas à un reconfinement (…) Je dis au gouvernement, faites-le maintenant, faites-le moins longtemps, mais faites-le”, a défendu ce jeudi le professeur Renaud Piarroux, épidémiologiste et chef du service de parasitologie à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, sur France Info.

Pas de grand-messe animée par Jean Castex ce jeudi 21 janvier, comme c’était le cas les deux dernières semaines, mais une intervention du ministre de la Santé Olivier Véran au 20 heures de TF1. Certains s’en réjouissent, déduisant de cette absence de conférence de presse qu’il n’y a pas de durcissement des restrictions de circulation à attendre dans l’immédiat. D’autres s’en inquiètent et redoutent d’apprendre que c’est finalement une prise de parole du chef de l’Etat qui est prévue dans les prochains jours, car cela aurait alors toutes les chances de signifier un nouveau reconfinement.

Nombreux sont les infectiologues à qualifier le troisième confinement d’inéluctable

Va-t-on effectivement au-devant d’un troisième confinement et, si oui, à partir de quand ? 72% des Français s’attendent à un prochain reconfinement, d’après un sondage OpinionWay-Square pour Les Echos, dont les résultats ont été dévoilés ce lundi. Les propos tenus par les professionnels de la santé, nombreux à qualifier cette hypothèse d’inévitable, et relayés dans la presse ces derniers jours, laissent à penser qu’ils ont raison : “On n’échappera pas à un reconfinement” en France, estime ce jeudi 21 janvier Renaud Piarroux, chercheur en épidémiologie à l’institut Pierre Louis et chef de service à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, sur France Info. Le chercheur plaide même auprès du gouvernement pour un confinement “plus tôt, plus efficace, plus court”.

Le nombre de soignants contaminés à l’AP-HP recommence à augmenter, souligne Martin Hirsch

“Un troisième confinement est inévitable”, a également estimé sur France Inter ce mardi le chef de service des maladies infectieuses de l’Hôpital Henri-Mondor à Créteil Jean-Daniel Lelièvre. Même son de cloche émis sur RMC par le professeur Axel Kahn, médecin généticien : le reconfinement est “totalement indispensable et inévitable”. Martin Hirsch, le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), expliquait quant à lui ce mercredi sur France Info que le nombre de soignants contaminés à l’AP-HP recommençait à augmenter. On risque ainsi de se voir se développer le début d’une courbe exponentielle “dans 2-3 jours”, a-t-il précisé. D’où la nécessite, d’après lui, de “peut-être aller au-delà du couvre-feu”. C’est par ailleurs ce que préconisait le Conseil scientifique la semaine dernière.

Avant de passer éventuellement à l’étape suivante, l’exécutif se laisse le temps d’apprécier les effets de l’extension à tout le territoire du couvre-feu à 18 heures, lesquels devraient être pleinement palpables dans les prochains jours. Il n’y aura “pas d’évolution des restrictions nationales cette semaine”, a assuré ce mercredi 20 janvier le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. “Il est possible que cette mesure (le couvre-feu à 18 heures, ndlr) permette de freiner la circulation du virus encore davantage dans notre pays”, a-t-il ajouté.

La fermeture des écoles en cas de reconfinement ?

En cas de reconfinement, les écoles resteront-elles ouvertes ? Leur fermeture ne sera envisagée qu’en cas de “situation gravissime”, a fait savoir Jean Castex en conférence de presse le 7 janvier dernier. Un dernier recours auquel la vitesse de propagation des variants du virus, notamment du variant britannique, pourrait toutefois conduire le gouvernement. Jean-Daniel Lelièvre s’est quant à lui dit sceptique face à une telle hypothèse au micro de France Inter : “Je pense qu’il faut les garder ouvertes parce que les enfants ne sont pas les vecteurs majeurs de cette infection. On sait qu’il y a des catastrophes psychologiques chez les enfants quand on ferme les écoles, des retards à l’apprentissage pour un certain nombre d’entre eux.” Sans compter les difficultés des familles monoparentales à faire garder les enfants. Ce mercredi 20 janvier, le nombre de nouveaux cas confirmés s’élève à 26 784, d’après les chiffres mis en ligne en fin de journée par Santé Publique France.