Pour le déploiement de la 5G, les opérateurs sont incités à ne pas se tourner vers l’équipementier chinois Huawei dont les matériels sont soupçonnés de pouvoir servir à l’écoute des communications, ce que dément depuis toujours la firme.

Un encadrement a été prévu sous le nom de loi anti-Huawei (même si elle ne vise pas uniquement le groupe chinois) avec un régime d’autorisation des équipements après validation par l’Anssi (Agence de sécurité des systèmes d’information).

5G

Le dispositif ne bloque pas directement Huawei mais, au fil des refus d’utilisation de ses équipements, c’est une sortie en règle du marché qui se prépare. Pendant que Free s’est vu refuser l’utilisation d’équipements Huawei pour son réseau 5G, les opérateurs Bouygues Telecom et SFR, clients réguliers de Huawei jusqu’à présent, ont dû choisir d’autres équipementiers et vont devoir démonter les antennes Huawei des technologies réseau précédentes.

De quoi engendrer surcoûts et retards de déploiement de la 5G, en plus d’être un frein économique par rapport à Orange qui n’aura pas cette problématique à gérer, n’étant pas client de Huawei en France.

Le Conseil constitutionnel valide le dispositif législatif

Les deux acteurs avaient déposé un recours auprès du Conseil constitutionnel pour questionner la légalité de ces mesures et obtenir une indemnisation afin de compenser les coûts supplémentaires générés mais la situation est en train de tourner en leur défaveur.

Conseil-constitutionnel

Le Conseil constitutionnel a en effet que les mesures “anti-Huawei” étaient justifiées au regard de la question des “intérêts de la défense et de la sécurité nationale“. Les dispositions vont dans le sens de la protection des réseaux mobiles contre les risques d’espionnage, piratage ou sabotage et “mettent en oeuvre les exigences constitutionnelles inhérentes à la sauvegarde des intérêts fondamentaux de la Nation“.

Sur cet aspect, les opérateurs n’obtiennent donc pas gain de cause, ce qui fragilise un peu plus leur demande de compensation financière, que le gouvernement ne semble toujours pas vouloir entendre, malgré la nécessité de retirer plusieurs milliers d’antennes Huawei avant la fin de la décennie.