L’accélération un peu forcée du télétravail devrait continuer de façonner le paysage (SI)RH dans le futur. Mais sur quel point me demanderez-vous ?

Parlons donc de 3 des principaux que l’on peut identifier.

Gérer les données RH, une nécessité à l’heure du télétravail

Commençons si vous le voulez bien par parler de la Data RH (mais si, vous savez : “donnée RH” en français, ou plus exactement l’ensemble des données relatives aux ressources humaines, récoltable via les processus de gestion du personnel et des talents, de paie…).

Aujourd’hui, sa gestion devient de plus en plus essentielle afin de répondre aux enjeux de pilotage de la performance RH. Un pilotage lui-même de plus en plus incertain, à mesure que les liens entre collaborateurs se distendent, conséquence logique du télétravail. Une gestion essentielle, donc, pour garder la main sur le gouvernail d’une fonction fortement dépendante des volontés, activités, compétences de ses collaborateurs. Celle-ci doit par conséquent se doter de nouveaux outils qui lui permettront de mieux prendre ses décisions grâce à une donnée plus structurée.

Le secteur n’est pas encore complètement mature à ce jour, même si l’on n’est plus vraiment sur de simples projets de type POC (ou Proof of Concept). Les entreprises sont déjà conscientes que le volume de plus en plus conséquent de données qu’elles ont à disposition nécessite d’être organisé, et de nombreux projets visant à répondre à cette problématique voient à présent le jour.

Dans la continuité, depuis quelques années émergent et maturent plusieurs nouveaux acteurs spécialisés, eux, dans le traitement de cette donnée organisée, par exemple au travers du “Data story telling” d’un outil comme Toucan Toco et la visualisation intuitive et personnalisée des données amalgamées qu’il permet.

Les rouages sont donc en place pour que 2021 soit l’année de l’optimisation de la Data RH !

Au cœur de toutes les considérations : l’expérience collaborateur

Comment garder les collaborateurs engagés, performants, motivés tout en boostant l’attractivité de l’entreprise ? Deux mots : expérience collaborateur. C’est en tout cas le résultat d’une enquête mc2i réalisée en 2020 auprès de plus de 70 acteurs de la fonction RH (“Boostez votre expérience collaborateur grâce au digital”). Les collaborateurs attendent de l’accessibilité, de l’instantanéité, de la proactivité et de l’anticipation de la part des différents services RH qui leur sont offerts. Ces moyens sont autant de leviers pour améliorer l’expérience du collaborateur et in-fine lui permettre de s’épanouir au travail et de contribuer à son enrichissement professionnel.

En 2021, ces notions seront au cœur de toutes les considérations : le lien social sera davantage complexe à mettre en place que les échanges et le travail à distance deviennent la norme. Dès lors, l’un des leviers que pourront exploiter les entreprises est celui du digital au service de l’expérience collaborateur.

La tendance est déjà dans une belle dynamique. Les entreprises se jugent suffisamment outillées et matures sur certains process, notamment celui du recrutement ou encore de la formation (toujours selon la même enquête mc2i). Elles peuvent cependant encore optimiser certains processus, tels que l’onboarding, l’off-boarding ou encore et la gestion des talents qui sont tout aussi importants à booster pour s’assurer que les objectifs cités ci-dessus soient réalisés.

Si la priorité à donner aux process dépend du contexte de chaque entreprise, le marché regorge de solutions novatrices qui permettent de mener à bien ces projets. On peut citer la start-up RH 365 Talents, spécialisée dans la gestion dynamique des compétences. On distingue aussi des acteurs traditionnels qui proposent de nouvelles offres telles que HR Access et son nouveau module HR4You (Gestion administrative et self-service)  Les entreprises auront l’embarras du choix.

RPA/IA : l’automatisation au service des professionnels

La dernière tendance au menu du jour est l’automatisation au sein de la fonction RH ou plutôt le recours à l’IA et au RPA (Robot Process Automation).

Une étude réalisée par la société Markess auprès de plus de cinquante acteurs de la fonction RH, qui souligne l’importance de cette automatisation des process pour les professionnels RH :

  •  82% des entreprises souhaitaient automatiser leurs process dès 2018
  • Pour plus de 58% d’entre elles en 2020 (post Covid) c’est même devenu une priorité

Constatation encourageante. Le problème ? Dans la même étude, la fonction RH, épine dorsale par ces temps de crise pour assurer la pérennité de l’entreprise (de même que la DSI) explique être insatisfaite (à plus de 65%) de l’état actuel de l’automatisation des process.

Les process RH, qu’ils soient traditionnels ou pas, sont pourtant globalement automatisés et matures (Paie, Gestion Administrative…) mais c’est plutôt qu’ils ne bénéficient pas encore des dernières avancées technologiques qui auraient permis à la fonction de gérer efficacement les nombreuses tâches répétitives (chatbot pour gérer la multiplication des requêtes collaborateurs en cette année, tri des CV automatisé pour une sélectivité accrue par exemple) et ainsi de se recentrer sur ses tâches à plus forte valeur ajoutée. Un écueil à corriger dès 2021 ?