Le coaching est un phénomène dont le succès va croissant dans le domaine de l’entreprise. L’objectif de cette approche centrée sur l’humain est de sensibiliser de futurs managers à la posture coaching pour emmener leurs collaborateurs plus vite, plus haut, plus fort. Et sans doute plus loin.

Au cours des huit dernières années, mon métier principal était de former les collaborateurs de start-ups sur de nombreuses thématiques au travail comme le leadership ou la créativité. J’observais les collaborateurs suivre leurs formations assidument mais sans forcément pouvoir présenter un ROI facilement quantifiable pour ma direction. D’ailleurs sur cette même période, la dépense nationale pour la formation professionnelle, s’éleva à 31,6 milliards d’euros. Dans ce contexte, il est légitime de s’interroger sur le rapport qualité prix de cette dépense qui représente 1,5 % du PIB. Mais comment rendre des comptes au commanditaire de la formation ? Comment évaluer sa performance ? Voilà les questions qu’il convenait de se poser.

L’amnésie post-formation VS Les résultats à longs termes

La crise sanitaire a induit une multitude de changements, qu’il est parfois difficile pour les managers d’appréhender. Afin de les aider dans la conduite du changement, les entreprises plébiscitent largement la formation en ligne et les webinaires, qui sont les outils les plus utilisés en matière de développement des employés. Pour autant aussi paradoxalement que cela puisse paraitre ces deux solutions sont considérées, par les répondants d’une étude, comme peu efficaces pour former les collaborateurs. Une vérité qui s’est confirmée tout au long de ma carrière. En effet, rare ont été les moments où quelqu’un a su me dire qu’une formation avait changé sa vie professionnelle. Une gêne qui m’a suivi longuement et que j’ai essayé de gommer en changeant mes méthodes de travail. Mais difficile, car la clef à ce problème n’est pas en la possession du formateur, mais du formaté.

Le nœud du problème est la mémorisation des connaissances apprises. En une heure, les personnes formées peuvent oublier la moitié des informations reçues. L’oubli commence rapidement après une formation et la capacité de mémorisation décline ensuite graduellement avec le temps. Pour lutter contre ce phénomène naturel, il faudrait revoir quatre ou cinq fois ce qui a été appris, peu de temps après une formation. Mais qui peut prendre le temps de faire cet exercice ? Or depuis plusieurs décennies maintenant, les travaux de recherche ont prouvé que nous apprenons et retenons plus facilement (et plus longtemps) des informations quand nous faisons quelque chose, autrement dit, quand nous mettons des connaissances en application. C’est là que le bât blesse !

Ce fut l’élément de réflexion, déclencheur d’une prise de conscience et de ma reconversion vers le coaching. En effet, le coaching a la capacité de transcrire l’apprentissage et le suivi des objectifs dans le temps grâce au coach qui a un rôle de rappel. Surtout le suivi individualisé permet au professionnel qui est coaché d’avoir une qualité de formation qu’il ne pourrait pas avoir au cours d’une formation.

La formation par facilité VS Le travail en profondeur

Lors d’une formation, qui est souvent effectuée en groupe afin d’inclure le plus de participants, la dynamique de groupe concept théorisé par Kurt Lewin est un élément essentiel. Pour autant ses effets pervers peuvent être dévastateurs. En effet, cela permet à certains participants de ne pas s’investir tandis d’autres n’auront jamais l’attention du formateur dont ils ont besoin afin de progresser. A contrario, le coaching permet d’impliquer davantage les équipes. En effet, 2/3 des collaborateurs dans une organisation ayant une forte culture du coaching se déclarent très engagés, contre 1/2 pour ceux d’autres entreprises. Il permet également de motiver les équipes, d’accroître la performance et les résultats de l’entreprise. Ainsi, 51 % des entreprises avec une « culture coaching » présentent des revenus supérieurs à la moyenne de leur secteur.

Pourtant est-ce que la formation est désuète et vouée à disparaitre ? Loin de là. En revanche, pour développer les collaborateurs, les entreprises doivent impérativement se demander comment les bénéfices du coaching peuvent devenir un atout compétitif. Par exemple, dans le cadre d’un programme de formation de managers, ajouter des modules de coaching est judicieux pour consolider l’apprentissage plus solide et engager les individus vers un acquis de connaissances. Cela a été mis en évidence il y a déjà plus de 20 ans lors de recherches menées auprès de trente et un managers lors d’une formation en leadership, suivie par huit semaines de coaching individuel. Les résultats de cette étude montrent que la formation associée à des séances de coaching a fait augmenter la productivité de ces managers de 88 %, contre 22,4 % sans coaching. Enfin, plus récemment d’autres chercheurs ont révélé dans leur étude que parmi toutes les méthodes de développement des compétences, l’executive coaching est la plus efficace pour le changement du comportement.