Voilà tout juste un an que de nombreux Français se sont retrouvés à télétravailler, du jour au lendemain. Mais comment s’en sortent les entreprises françaises aujourd’hui ?

Comment la France envisage le travail à domicile ? Quelles en sont les conséquences ? A quoi doit ressembler un bon lieu de travail ? Quelles sont les solutions qui nous garantissent de travailler mieux et encore plus sainement quand nous sommes à la maison ? Nous avons tenté de répondre à ces réflexions. Contrairement à ce que l’on aurait pu croire lors du premier confinement, le travail à domicile n’est pas un phénomène nouveau. En France, de plus en plus d’employés travaillaient déjà à domicile, au moins une partie de la semaine. En 2019, 30% des cadres du secteur privé télétravail régulièrement [1], 700.000 d’entre eux ayant sauté le pas depuis l’année précédente [2].

Cependant, l’appel lancé par le Gouvernement au premier confinement a conduit des millions d’employés à basculer en télétravail. Pour certains, ce fut un phénomène nouveau, pour d’autres, une intensification considérable. Le télétravail intensif n’a pas seulement eu un effet sur le lieu de travail, mais aussi sur ses conditions, bouleversant ainsi l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée : pas d’espace dédié pour travailler, des enfants à charge avec la fermeture des écoles et des crèches… Quand, en Avril 2020, 53 % [2] de la population active travaillaient à domicile, ils n’étaient plus que 15 % au mois de septembre [3]. Qu’en ressort-il ?

1. Un clivage entre Paris et le reste de la France flagrant

Si la comparaison “Paris/province” peut parfois sembler désuète, force est de constater qu’elle est pertinente quand on s’intéresse au télétravail : si l’Ile de France est très “pratiquante”, les autres régions le sont beaucoup moins. Près de la moitié des franciliens télétravaillent (43%) contre seulement 19% des français en régions. Certaines régions semblent même totalement sinistrées, comme la Normandie où seulement 11% des actifs le pratique, soit quatre fois moins qu’en région parisienne.

2. Un travail à domicile surprise

Beaucoup d’employés n’avait jamais encore expérimenté le télétravail lors du premier confinement. Selon #Montravailadistance, Jenparle ! [4], 95 % des télétravailleurs sont restés dans leur résidence principale, avec seulement la moitié d’entre eux disposant d’un espace dédié. Si certains télétravaillaient seul (46 %), beaucoup étaient à deux (40 %). Concernant les familles, ce nouveau rythme a engendré des partages d’espace inhabituels. Ainsi, la qualité de vie en télétravail s’est avérée très aléatoire, en fonction du type de résidence, du nombre de personnes dans le foyer, de l’équipement fourni – un ordinateur d’entreprise (75 %) ou personnel (24 %), parfois à partager.

3. Un télétravail non préparé

La moitié des télétravailleurs (51 %) se sont adaptées facilement aux circonstances, contre seulement 27 % qui ont éprouvés de grandes difficultés. 4 Pour 54% des répondants, les entreprises ont failli dans leur accompagnement, faute de formations et de sensibilisation aux risques du télétravail et 83% disent ne pas avoir bénéficié d’(in)formation. [4] Il s’avère que peu d’entreprises avait déjà négocié l’implantation du télétravail avec leurs employés et quand un accord existait, beaucoup n’en avaient pas eu connaissance.

4. Des bénéfices et des inconvénients

Gain réalisé sur les temps de déplacement, diminution de la pollution… le télétravail a mis en lumière certains bénéfices. Deux Français sur trois estime avoir trouvé une souplesse et un meilleur équilibre vie privée-vie professionnelle et gestion du temps [5]. Sur le plan professionnel, plus d’un tiers ont apprécié l’autonomie, la responsabilité et la concentration.

Les inconvénients existent aussi avec en tête l’isolement ressenti et l’éloignement des collègues pour 73 % selon Odoxa. A ne pas négliger : l’impact sur la charge et le temps travaillé, les difficultés à déconnecter, la présence des enfants, engendrant pour certains une dégradation psychologique, voire des tensions avec l’entourage familial.

5. La perception du télétravail

A la sortie du 1er confinement, les Français tiraient un bilan très positif du télétravail. Près de 9 salariés sur 10 en travail à la maison jugeaient que le télétravail s’était bien passé. [6] Tout n’est pas parfait pour autant, car si le télétravail a été permis par les moyens modernes de communication, seuls 48% des Français estiment que leur entreprise était suffisamment équipée.

6. L’impact psychologique

Le ressenti psychologique fut conséquent, 44% des salariés s’étant trouvé en situation de détresse psychologique et 25% en risque de dépression nécessitant un traitement médical. [7]

Les femmes ont été plus impactées (22%) que les hommes (14%) par une détresse élevée. En effet, ces dernières ont fait plus de concessions et de sacrifices que leurs compagnons en cette période et cela a forcément eu un impact sur le niveau de stress.

7. Une santé physique inquiétante

Sédentarité, manque d’exercice physique… Près d’un français sur 3 estime que le télétravail a eu un impact négatif sur leur santé physique. Phénomène plus inquiétant, 34 % ont renoncé à au moins un soin durant le confinement et 10 % d’entre eux à une hospitalisation. 27 % des rendez-vous annulés concernait un suivi médical régulier, pouvant générer des complications à terme, notamment dans le cadre de maladies chroniques. [8]

8. Pérenniser ce mode de travail

Les salariés en télétravail consacrent 48,5 minutes de plus par jour à leur travail soit 4 heures de plus par semaine. [9] Beaucoup d’entreprises – précédemment hostile au télétravail – ont pu continuer à fonctionner tout à fait normalement pendant le confinement. Cette prise de conscience a changé en profondeur la perception de nombreux managers. Quand un métier peut être pratiqué en télétravail, on se rend compte que les salariés sont globalement plus performants. Avec la crise de la Covid-19, cette contrainte est devenue une opportunité pour certaines entreprises, qui ont réalisé le potentiel : de nombreuse start-up, mais aussi de grands groupes comme Accenture ou PSA, ont choisi de pérenniser le télétravail sous des formes diverses.

9. Un taux d’absentéisme en baisse

Grace à cette pratique plus flexible du travail, on constate que le taux d’absentéisme n’est que de 1,2%, contrairement à 3,9% en présentiel. Le télétravail pourrait même être un remède pour prévenir le risque de désinsertion professionnelle en cas d’arrêt maladie de longue durée. [10]

10. Un équilibre fragile entre vie professionnelle et vie privée

Afin de maîtriser les troubles psychologiques, il est important de se pencher sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, surtout en l’absence de frontières claires entre le lieu de travail et l’environnement privé. [11] Avec la présence des enfants au domicile pendant les heures de travail, l’environnement mental et physique du salarié devient flou : 40 % des salariés interrogés trouvent insuffisant l’équilibre entre le travail et la vie privée. Il doit rester possible de se déconnecter lorsque la journée est terminée et de se concentrer pleinement sur l’environnement privé. [12]

En résumé :

Avant l’arrivée du COVID-19, les Pays-Bas étaient déjà les champions du télétravail en Europe alors que seulement 8 % des salariés français pratiquaient régulièrement le travail à domicile. Au cours de l’année écoulée, les salariés et leurs employeurs ont connu de profonds bouleversements dans leur mode de travail. Ce basculement soudain a engendré des répercussions aussi bien physique que psychologique, dont nous commençons à mesurer les conséquences. Par ailleurs, les entreprises et leurs dirigeants – plutôt réticents au début – ont changé de posture devant le télétravail. De nombreux emplois, autrefois considérés inadaptés au travail à domicile, peuvent maintenant se faire à distance. Tant que durera cette crise sanitaire, et même au-delà, le travail à domicile continuera à jouer un rôle significatif dans notre semaine de travail. Dès lors, l’accent sera davantage mis sur un lieu de travail sain, confortable et mobile, dotés d’accessoires ergonomiques, comme ceux proposés par BakkerElkhuizen. 

En voie d’être pérennisé par de nombreuses entreprises, le télétravail doit pourtant être amélioré. Le bureau et l’espace de travail à domicile doivent avoir au cœur de leur conception le travailleur. Une vision du travail, axée sur le lieu où évolue l’employé et/ou sur sa manière de travailler, changera positivement l’environnement de travail tel que nous le connaissons, que ce soit dans l’entreprise ou à la maison. Nous sommes convaincus qu’un comportement optimal de travail et un espace dédié à domicile – axé sur les individus – améliorent la santé, la sécurité, le confort et la productivité des employés. Nous y parvenons en créant des environnements de travail optimisés, centrés sur les personnes ; et au sein desquels les employés excellent. Dans notre environnement de travail basé sur l’individu, travailler et bouger vont de pair. 

Il est donc primordial de réfléchir aux meilleures solutions qui garantissent un espace de travail sain. Nos technologies doivent être adaptées. Les employés doivent disposer d’un espace au calme, qui leur est dédié. Il faut également être alerte dès l’apparition de troubles mentaux et physiques que le télétravail peut engendrer, en s’en prémunissant au mieux. Ce défis peut se résoudre en respectant des pauses régulières et du coaching, mais aussi en soulageant notre corps grâce à des outils ergonomiques. Nous avons fait de notre spécialité le développement de solutions matérielles et logicielles ergonomiques haut de gamme qui contribuent au bien-être physique et mental des utilisateurs d’ordinateurs. En effet, quand ils travaillent à la maison, les employés sont plus souvent assis et le manque d’outils ergonomiques (clavier, réhausseur d’écran, souris) entraîne régulièrement des douleurs physiques. 

Nous pensons que le télétravail est un garde-fou. Si nous retournons prochainement au bureau, ce sera de manière ponctuelle, en alternance avec le télétravail. Il faut donc réfléchir à un futur modèle, qui serait le mélange idéal entre la maison et le bureau. Cette nouvelle réalité mentale et physique du travail à domicile accroît la nécessité d’un soutien approprié que les employeurs doivent apporter à leurs salariés. Les directions doivent veiller à ce que leurs employés puissent travailler de manière saine et productive. 

S’ils ne sont pas exposés au stress, la productivité, le gain de temps et la satisfaction professionnelle des salariés augmentent considérablement. Des employés plus motivés fourniront un travail plus productif et donc plus de profits pour l’entreprise. 

Sources

1 – Etude de Malakoff Humanis – en complément de son baromètre annuel – Télétravail en confinement – 2020

2 – Etude Malakoff Humanis Télétravail 2019

3 – Sondage Yougov réalisé en août 2020

4 – Enquête #Montravailadistance, Jenparle ! réalisée par Respublica, en partenariat avec la CFDT, Terra Nova, Metis Europe, Liaisons sociales magazine et Management et RSE – 28 avril 2020

5 – Sondage Odoxa réalisé le 9 avril 2020

6 – Sondage Odoxa réalisé les 19 et 20 mai 2020

7  – Sondage OpinionWay réalisé entre le 15 et le 22 avril 2020

8 – Enquête Malakoff Humanis réalisé en mai 2020 

9 – Etude réalisée par les chercheurs de la Harvard Business School et de l’Université de New York 

10 – Sondage BVA pour Workplace Options  
11 – Etude de l’INSEE parue le 14 octobre 2020 – Durée travaillée et travail à domicile pendant le confinement : des différences marquées selon les professions

12 – Etude réalisée par One Poll pour Targus réalisé en mai 2019