Selon un rapport interne datant de 2010 récupéré par le quotiden néerlandais De Volkskrant, le groupe Huawei était bien en capacité d’espionner les communications mobiles de certains abonnés de l’opérateur KPN à cette époque.

Il était ainsi en principe possible d’espionner les conversations de personnalités politiques et de dissidents chinois “de manière illimitée, incontrôlée et non autorisée“, d’autant plus que l’équipementier avait aussi accès à la base de données des numéros de téléphone de l’opérateur et aux numéros que KPN mettait sur écoute pour le compte des autorités néerlandaises, au mépris de la loi néerlandaise sur les télécommunications.

Le rapport fourni par Capgemini s’inquiètait aussi des conséquences pour KPN si cette capacité de Huawei de mettre sur écoute n’importe quel numéro mobile était rendue publique, avec même des craintes pour la pérennité de l’opérateur.

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Mais si Huawei était en capacité d’espionner, le rapport ne dit pas si cela a été réellement le cas. L’opérateur indique seulement que personne ne s’est jamais plaint de vol de données, ce qui aurait conduit à des mesures contre l’équipementier.  Cela ne l’a pas empêché de mettre fin au processus de maintenance directe du coeur de réseau par les techniciens de Huawei.

Le groupe chinois relève de son côté que ces salariés étaient placés sous la supervision de KPN et à seule fin de maintenance. Il observe également qu’il est présent aux Pays-Bas depuis 15 ans sans qu’aucune accusation d’activité illicite n’ait été formulée.