Face à la pénurie généralisée de composants, l’industrie des semi-conducteurs est à la peine et plusieurs secteurs industriels sont touchés, causant retards et incertitudes.

Les grands blocs géographiques prennent conscience de l’importance de conserver des ressources sur leur territoire pour ne pas se retrouver dans des situations de blocage ou de déclassement (en étant servis les derniers et/ou avec des composants de qualité moindre) et l’Europe souhaite maintenant disposer d’usines produisant à des noeuds bas.

Cette ambition se heurte aux intérêts nationaux d’autres régions. Si l’Europe espère attirer des acteurs comme TSMC ou Samsung, le premier a clairement fait savoir que ses dernières technologies en matière de gravure sont et resteront sur le sol taiwanais.

Wafer

La production de composants aux noeuds les plus bas est un enjeu stratégique national pour le gouvernement taiwanais qui n’hésite pas à apporter des financements et imposer des plans industriels à son champion pour l’aider à maintenir son leadership.

Cela n’empêche pas le développement de collaborations avec l’Europe, mais sans doute pas jusqu’au niveau que souhaiterait Thierry Breton, commissaire européen à l’Industrie, quand il affirme vouloir implanter des usines capables de graver en 2 nm.

Intel pas opposé mais avec un soutien financier

De son côté, Intel ne serait pas opposé à implanter une usine en Europe mais pas sans un soutien massif. En l’occurrence, son CEO Pat Gelsinger, justement en visite en Europe, réclame 8 milliards de’euros de subventions publiques pour se lancer.

Déjà engagé sur un chantier à 20 milliards de dollars pour construire deux usines capables de graver en 7 nm aux Etats-Unis et prêt à ouvrir ses sites à des clients externes, Intel pourrait faire partie des acteurs soutenant le projet européen avec l’ambitieux objectif de compter pour 20% de la production mondiale d’ici la prochaine décennie.

Le patron d’Intel a déjà fait savoir que l’Allemagne pourrait être un bon candidat à une implantation, d’autant plus que cela pourrait être un point de départ pour d’autres collaborations comme dans la 5G ou les véhicules autonomes.