Le télétravail a pris de l’importance, est ce une bonne chose ? Pour l’employeur ou le salarié, ou les deux ?
Quelles sont ses limites ?

Le télétravail va dans le sens de l’histoire. Il amplifie la pratique des postes de travail dépersonnalisés, où les bureaux au sein de l’entreprise deviennent des lieu de passage, où chacun peut travailler, avec juste un petit casier pour mettre les documents papier indispensables et se connecter au réseau de l’entreprise avec son ordinateur portable pour une journée ou une heure. C’est la conséquence directe de l’évolution des ordinateurs, des réseaux et aussi des métiers et des styles de management.

Cette pratique est déjà répandue, surtout dans le consulting et pour les commerciaux. Elle permet de libérer des espaces de bureaux qui sont de plus en plus couteux. Elle évite aussi les interruptions et les discussions inutiles entre collègues. Elle peut éviter des conflits. Mais elle demande une organisation rigoureuse avec un système de réservation des postes de travail, où des salles de réunion, efficace et respecté par tous.

La pandémie a contraint beaucoup d’entreprises à réfléchir sur la mise en télétravail de postes qui n’étaient pas concernés jusqu’alors, et qui même souvent apparaissaient comme impossibles à délocaliser. Par exemple, le système informatique d’une banque est très sécurisé et il n’était pas évident, en première analyse, que les données hypersensibles de l’entreprise puissent être confiées au réseau standard d’un collaborateur à son domicile. Mais les problèmes ont été résolus et cela fonctionne bien aujourd’hui.

Et finalement, d’autres avantages apparaissent. Beaucoup de collaborateurs sont plus productifs lorsqu’ils travaillent à domicile. Ils sont moins dérangés et certainement plus sereins dans leur vie personnelle. Le temps s’organise d’une façon plus humaine. Etre à l’heure pour aller chercher les enfants à l’école n’est plus une angoisse. S’occuper de la famille et de la maison s’intègre dans le travail. Et s’il faut travailler tard le soir pour compenser, cela ne pose pas de problèmes.

Beaucoup d’entre eux gagnent aussi beaucoup de temps, de fatigue et d’argent dans les transports. Ceux qui passent deux heures par jour dans les embouteillages apprécient beaucoup le télétravail. Le temps et la fatigue économisés se reportent sur la maison, mais aussi sur le travail. Quand à l’argent, l’économie réalisée peut se chiffrer en milliers d’euros sur un an.

Le corollaire de ce changement de pratique dans les transports, c’est la protection de la nature. Moins de voitures signifie moins d’embouteillages et au final, moins de CO2 dans l’atmosphère. Cela s’est clairement mesuré dans les premier mois de confinement, l’année dernière. Si le phénomène se poursuit dans le temps, la santé des citadins pourraient en profiter. Mais il y a aussi des inconvénients.

Il y a des salariés qui ne peuvent pas travailler régulièrement à domicile. Il y a bien sûr, ceux qui travaillent en atelier ou sur des chantiers. Nous commençons, par ailleurs, à observer des jalousies entre les cols blancs qui ont accès au télétravail et les cols bleus qui ne le peuvent pas.

Mais il y a aussi des salariés qui ne peuvent pas travailler chez eux pour des raisons psychologiques, familiales, ou tout simplement matérielles.

Le télétravail peut être la meilleure ou la pire des choses. Beaucoup de progrès peuvent encore être fait. Ce mode de fonctionnement mérite que chaque entreprise l’étudie dans les détails, il peut y avoir beaucoup à gagner pour tout le monde, en compétitivité et en qualité de vie.