Huit conseils pour retrouver la motivation au travail Le recours croissant au télétravail depuis le début de la crise a engendré de nouvelles sources de complications qui affectent la motivation. Le JDN vous livre quelques astuces pour la retrouver.

“Il y a autant de raisons pour se démotiver au travail qu’il y a de personnes”, explique Valentina Urreiztieta, psychologue clinicienne, du travail et des organisations chez Empreinte Humaine, cabinet conseil en qualité de vie au travail. Et Les confinements n’ont fait qu’ajouter aux sentiments potentiels de frustration des salariés ou managers. “Nous avons été énormément sollicités l’année dernière pour faire face à cette baisse de motivation très importante que les entreprises ont perçue chez leurs salariés au cours de la pandémie”, assure-t-elle.

L’absence de liens sociaux ou de distractions a placé le travail au centre de la journée

La raison : l’absence de liens sociaux ou de distractions a placé le travail au centre de la journée. “Avec le confinement, tout s’est concentré dans un même endroit. Plus de vie sociale, plus de vie culturelle, plus de vie familiale. On plonge toute son énergie, toute sa motivation dans le travail, dans un seul endroit”, continue Valentina Urreiztieta. Et ceci nous amène aux recommandations suivantes, pour retrouver de l’entrain.

Compartimenter sa journée  

Le télétravail a rendu floue la séparation entre travail et loisirs ou vie familiale. “Il ne faut ni commencer ni finir sa journée par le travail, prévient Valentina Urreiztieta. Attention à ne pas être trop rigide non plus.” Etablir une structure dans sa journée sert toutefois à fixer des objectifs. “Je recommande de définir quatre objectifs qu’on souhaite entreprendre dans la journée.”

Faire une liste de tâches, d’objectifs

“Se concentrer sur ce que l’on peut contrôler, influencer”

Même les tâches qui pourraient passer pour ingrates peuvent être sources de motivation. A condition de les accomplir. “Attention au piège de faire une liste interminable”, alerte Valentina Urreiztieta. Il s’agit de définir quotidiennement des tâches claires et précises qui sont réalisables. “Et surtout se concentrer sur ce que l’on peut contrôler, ce que l’on peut influencer.” 

Pendant le télétravail, garder le contact humain

“La principale source de démotivation, c’est l’isolement.  Nous avons vu pendant le confinement que les liens sociaux sont extrêmement importants. Il faut donc ne pas s’isoler ou isoler les autres. En cette période de télétravail, il est bon de penser à envoyer un texto amical à un collègue avec lequel on a des affinités mais aussi à celui ou celle qu’on ne connaît pas forcement”, souligne Valentina Urreiztieta.   

Identifier les obstacles à la motivation

Si le confinement a eu un impact positif, c’est celui de permettre aux gens de travailler sur des sujets de fond. “L’année a été excellente pour se remettre en question, distinguer ce que l’on fait bien, ce que l’on aime faire, etc.” Cela inclut de poursuivre de nouvelles vocations mais aussi repérer les facteurs qui vous détournent de votre objectif.

Le smartphone et les réseaux sociaux sont à proscrire pendant cette période

“La procrastination, par exemple, constitue à la fois un obstacle et une raison pour la démotivation. Un autre obstacle est de se dire ‘Je suis très perfectionniste’ et de ne jamais atteindre son objectif. Il faut instaurer une nouvelle discipline, même s’il est très difficile de modifier ses habitudes.” Parmi les tentations à éliminer, figurent le smartphone ou encore les réseaux sociaux. Valentina Urreiztieta suggère même d’effacer certaines applications.

Faire un planning 

“Il faut que celui-ci soit faisable”, au risque d’aggraver la démotivation. “On ne peut pas se sentir utile le lendemain à 14 heures. Il faut que cela se traduise en quelque chose de concret, de mesurable, d’observable.”

S’octroyer des récompenses 

Une pause, un remerciement ou un compliment peuvent faire office de récompense

Se récompenser permet de rester enthousiaste. Trouver de la satisfaction de l’extérieur, se trouver une récompense, par exemple une pause. Un remerciement ou un compliment peuvent également constituer une récompense. “En France, la principale source de démotivation c’est le manque de reconnaissance, le fait de sentir comme un pourcentage”, nous explique Valentina Urreiztieta.

Faire preuve de transparence

Le premier confinement a apporté une nouveauté dans le travail malgré les difficultés qui pouvaient survenir. Mais lors du deuxième confinement, la confiance a fait défaut. Selon un sondage effectué par le cabinet Empreintes Humaines, 55% des salariés pensaient qu’il y avait de l’abus chez leurs collègues, 65% chez les managers. Ceci a engendré une augmentation du reporting et de la surveillance. 

Amener les collaborateurs à participer aux choix et non plus seulement les en informer

Il faut instaurer un climat de confiance avec ceux que l’on dirige et donc éviter autant que faire se peut le reporting et la surveillance. “La proximité psychologique du manager est essentielle. Il faut amener ses collaborateurs à participer aux choix. Il s’agit d’instaurer un dialogue avec ses collaborateurs, et non pas de les informer, un mot que l’on devrait proscrire de son vocabulaire lorsqu’on manage.”

Eviter le syndrome du poulet sans tête 

“ll faut instaurer une direction et donner du sens à ce que l’on fait, montrer comment les directives correspondent à une stratégie plus globale”, préconise Valentina Urreiztieta.