La pandémie de Covid-19 a mis en lumière un besoin pour les entreprises d’accélérer leur transformation numérique. Au-delà de l’adoption des outils adéquats, cela passe aussi et surtout par la création d’une équipe dédiée à la data.

Alors que les entreprises réagissaient à la pandémie de Covid-19, s’adaptant à de nouvelles réalités et conditions de travail, un problème déjà présent depuis un certain temps de transformation numérique est apparu au grand jour. Les entreprises, grandes et petites, se sont engagées dans des parcours de transformation numérique sur plusieurs années – ce qui n’était qu’une tendance au cours de la décennie précédente est désormais un impératif. Ce processus englobe tout, depuis le passage au cloud computing, l’installation d’outils logiciels modernes et l’automatisation jusqu’à la refonte fondamentale des processus d’entreprise pour l’économie moderne.

L’année dernière, le Forum économique mondial a dévoilé un rapport selon lequel 84 % des chefs d’entreprise “accélèrent la numérisation des processus de travail” et la moitié d’entre eux accélèrent “l’automatisation des tâches”. Il est clair qu’à mesure que le rythme des affaires augmente, les dirigeants investissent dans l’accélération de leurs processus. Néanmoins, la pandémie a exposé le temps admissible pour le succès de ces initiatives de transformation numérique.

Nous sommes au milieu de l’une des plus grandes remises à niveau de l’histoire moderne. Elle a forcé les entreprises à devenir plus conscientes des données et à reconnaître le fossé analytique, c’est-à-dire la différence entre les organisations qui peuvent tirer parti des connaissances et des meilleures pratiques fondées sur les données pour éviter les perturbations et celles qui ne le peuvent pas. Ces dernières ne seront pas en mesure de faire face à la prochaine perturbation inévitable, qu’il s’agisse d’une nouvelle concurrence, de progrès technologiques rapides, de turbulences économiques ou de la prochaine pandémie.

Si la fracture analytique, ou la transformation numérique prolongée, est le problème, une solution consiste à embaucher un Chief Data Officer (CDO) pour favoriser la démocratisation des données et une approche permanente de la formation continue.

Créer sa nouvelle équipe dédiée à la data

L’environnement actuel oblige les entreprises à remodeler leurs organisations, à donner plus de pouvoir à leurs collaborateurs et à faire évoluer leur mode de fonctionnement. Au lieu de se regrouper sur les campus, les employés sont désormais chez eux, aux quatre coins du monde. En réponse à cette nouvelle réalité, les entreprises doivent investir dans leurs équipes et leurs capacités de données en général, en commençant par le CDO.

Les entreprises tournées vers l’avenir disposent déjà d’un CDO et lui donnent les moyens d’être le fer de lance de la démocratisation des données dans l’ensemble de l’organisation, ainsi que de diriger le processus de transformation numérique. Le CDO doit investir dans des outils flexibles en libre-service, assurer l’égalité d’accès aux données et aux ressources et créer un espace pour que les employés puissent se perfectionner, dans le but de rendre l’analyse des données équitable au sein de l’organisation. Les informations fondées sur les données permettront de prendre de meilleures décisions en temps réel dans tous les services de l’entreprise (marketing, ventes, informatique, etc.) afin de réagir efficacement aux événements perturbateurs et d’accélérer la transformation numérique globale de l’entreprise.

Outre la lutte contre la fracture analytique, le recrutement d’un CDO pour piloter une organisation axée sur les données présente un autre avantage : l’amélioration des compétences de la main-d’œuvre. Les entreprises axées sur les données peuvent améliorer les compétences de leurs employés actuels afin de constituer un vivier interne de talents dans le domaine des données, possédant les compétences, la volonté, les connaissances et l’expertise analytique nécessaires pour réussir. Selon une étude récente de McKinsey, seuls 16 % des répondants ont déclaré que leur entreprise avait réussi à trouver des talents dans le domaine des données et de l’analyse par l’intermédiaire d’agences de recrutement et de sociétés de recherche. D’autres approches, comme la formation des employés actuels, ont été citées comme plus efficaces.

L’objectif est de faire en sorte que le plus grand nombre possible de personnes au sein de l’entreprise ait accès à des données exploitables et puissent en tirer des enseignements. Cela permettra d’amplifier la production stratégique des travailleurs du savoir d’un ordre de grandeur, tout en offrant une évolution de carrière.

Libérer son équipe data

Après avoir embauché un CDO, remodelé son organisation, et donné accès aux données de l’organisation à tous vos collaborateurs, quelle est la prochaine étape pour l’entreprise ? Il faut choisir un problème et donner à l’équipe les moyens de le résoudre.

Prenons l’exemple d’une technologie avancée d’automatisation pour mieux prévoir les commissions de l’équipe de vente : à la fin du trimestre, si l’on ne peut pas prévoir ce que seront les dépenses de vente, comment est-il possible de prévoir ses dépenses totales ou ses marges d’exploitation ? En ayant investi dans l’équipe et les bons outils, ce problème est facile à résoudre. L’équipe sera en mesure d’extraire des données des bonnes sources et de fournir des informations qui n’ont pas encore fait surface auparavant en raison de la totalité et de la variété des données. Il s’agit d’un exemple, mais le même raisonnement peut être appliqué à n’importe quel service au sein d’une entreprise.

Toutes ces transformations individuelles des données se traduiront par un parcours global de transformation numérique. Les entreprises qui n’investissent pas dans les données et l’analytique seront laissées pour compte, ce qui renforcera la fracture analytique. Celles qui ne peuvent pas exploiter les données de manière efficace et efficiente ne seront pas en mesure de faire face à la prochaine perturbation inévitable, qu’il s’agisse d’une nouvelle concurrence, d’avancées technologiques rapides, de turbulences économiques ou d’une nouvelle pandémie.

Se préparer aux perturbations

La crise sanitaire a mis en lumière le problème actuel des données, à savoir la nécessité d’une transformation numérique plus rapide. Elle a obligé les entreprises à se pencher sur leurs capacités technologiques et à s’attaquer de toute urgence à la fracture analytique. Mais que cela ait stimulé ou accéléré la transformation numérique, le CDO est la clé de la pérennité de l’entreprise.

Si le CDO réussit, lorsque l’inévitable prochaine perturbation se produira, l’entreprise sera prête car elle aura mis en place les bons outils, donné des moyens à tous les collaborateurs et démocratisé les données pour l’innovation, la collaboration et l’exécution. L’avenir de l’entreprise en dépendra. Si tout est fait correctement, il n’y aura pas de perturbation inattendue, car les systèmes et l’équipe mis en place sont à la fois adaptables et résilients.