La mise en vente de la société ARM, à l’origine des architectures de très nombreux appareils mobiles et capteurs, mais aussi de plus en plus ordinateurs et serveurs, par le groupe nippon Softbank, suscite les convoitises et génère des interrogations.

Le groupe américain Nvidia a fait une offre de rachat pour 40 milliards de dollars mais il faut encore obtenir toutes les validations des régulateurs internationaux, et sans faire fuir les utilisateurs des architectures ARM qui craindraient un trop grand dirigisme du nouvel acquéreur.

ARM Cortex X2 A710 A510

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Nvidia a beau vouloir se montrer rassurante sur l’issue de la transaction, il reste possible qu’elle n’aboutisse pas. Et si Softbank décidait de la maintenir en l’état, un soutien financier serait assuré avec Qualcomm, dont le CEO Cristiano Amon s’est dit prêt à investir dans ARM.

Laisser les clients investir plutôt qu’un contrôle strict de Nvidia

Qualcomm fait partie, avec Google ou Microsoft, des sociétés qui ont émis des réserves concernant le rachat de ARM par Nvidia, craignant une perte d’indépendance de la firme britannique et un déséquilibre du jeu de la concurrence.

Comme un appel du pied à son actuel propriétaire, Cristiano Amon fait valoir à la publication The Telegraph que le maintien de l’indépendance de ARM conduirait nombre de ses clients à investir, parmi lesquels aussi des sociétés comme Amazon ou Tesla, de manière à maintenir le statu quo et l’équilibre qui fonctionnait jusqu’à présent.

L’importance de la neutralité d’architectures ARM omniprésentes

Nvidia a pourtant assuré vouloir maintenir la neutralité de ARM et s’y intéresser essentiellement pour les potentialités en matière de création de puces pour les datacenters et l’intelligence artificielle, deux thématiques à très forte croissance.

Nvidia ARM

La firme ne ferme d’ailleurs pas la porte à des collaborations et invite des acteurs comme Qualcomm à participer au développement de l’écosystème. La question de la neutralité de ARM reste donc prépondérante et nombre de ses clients ne semblent pas décidés à transiger sur ce point.

Le groupe Intel serait déjà en prospection pour se rapprocher des acteurs de l’écosystème RISC-V qui pourrait alors devenir une alternative pour les déçus d’une prise de contrôle trop stricte de Nvidia sur ARM.