Le schéma de la carrière toute tracée à la sortie des études, et le CDI à vie, semblent obsolètes.

Avoir un parcours diversifié, des expériences professionnelles dans des domaines différents du domaine d’études, se réorienter, se reconvertir, sont aujourd’hui monnaie courante.

Un phénomène générationnel

Dès leur entrée sur le marché du travail, les nouvelles générations de salariés sont conscientes qu’elles seront amenées à changer de poste au minimum 4 à 5 fois au cours de leur carrière. A moins de 26 ans, ils sont près de 80% à connaître une transition professionnelle. Une enquête menée par le cabinet Deloitte révèle que 43% des salariés de la génération Y envisagent de changer de travail dans les deux ans. Un chiffre qui passe à 61% pour la génération Z. 

Un phénomène contextuel

L’une des particularités de ces générations est leur évolution dans un monde où les crises se succèdent. Cela a notamment pour conséquence de les rendre plus aptes au changement, qu’il soit souhaité ou imposé, et de véhiculer l’idée que rien n’est immuable. La dernière crise en date, celle de la Covid 19, a engendré la perte de plus de 717 000 emplois. C’est donc autant d’actifs qui ont été contraints de changer de carrière.

Même si les crises ont été un catalyseur, elles ne sont pas la seule raison des changements de comportements des collaborateurs. Depuis quelques années, la notion de bien-être au travail et de sens du travail prend de plus en plus d’importance, et les nouvelles générations de salariés n’hésitent plus à quitter leur poste si celui-ci ne les satisfait pas. Désormais, c’est l’épanouissement que procure le travail qui passe en premier plan et non plus la sécurité de l’emploi. L’instabilité de l’emploi, de l’économie d’un pays et du monde en général, avec laquelle ces générations vivent depuis toujours sont en partie la cause de ce changement de priorité et du besoin de compenser par une vie vécue « chaque jour ». Il n’est plus question de subir un travail pendant 20 ans en imaginant profiter de la vie à la retraite car personne ne sait plus ce qu’il adviendra à ce moment-là.

Les profils atypiques désormais la norme

Alexandre Pachulski, fondateur de Talentsoft, l’avait annoncé en 2019 : “Demain, les profils atypiques seront la norme”… Or demain c’est aujourd’hui. Les chiffres énoncés précédemment sont la preuve de la généralisation des profils diversifiés, par conséquent, les qualifier d’atypiques n’est plus approprié.

Les évolutions du monde du travail et des comportements des salariés doivent être prises en compte par les recruteurs pour en comprendre les enjeux. Un profil diversifié n’est pas synonyme d’instabilité mais d’adaptabilité, compétence indispensable dans un environnement incertain où 85% des futurs métiers n’existent pas encore.