L’annonce par Nvidia du rachat de la firme britannique ARM dont les architectures sont présentes dans de très nombreuses puces avait suscité des craintes sur le maintien de l’indépendance et de l’accès aux licences.

Le groupe américain a tenté de donner des garanties et annoncé des projets communs pour tenter de désamorcer les critiques mais l’obtention du feu vert des régulateurs semble être difficile à obtenir et pourrait finir par faire capoter le rachat.

Dernièrement, c’est le gouvernement britannique qui pourrait faire opposition à la prise de contrôle de ARM par Nvidia au nom de la souveraineté nationale. La crise mondiale des semi-conducteurs reste vivace et chaque Etat tente désormais de protéger ses ressources.

Nvidia ARM

Le rôle central des architectures ARM dans les objets connectés, smartphones et désormais PC et serveurs, devient d’autant plus sensible dans ce contexte, d’autant plus que Nvidia est aussi un concepteur de puces, avec la possibilité d’orienter le marché à son avantage, quand le précédent acquéreur Softbank était resté hors du marché, garantissant l’indépendance de ARM.

La proposition de rachat à 40 milliards de dollars pourrait donc être bloquée par les autorités britanniques, considérant le “rôle vital” de ARM dans l’économie du pays. Ce n’est pas la première alerte en ce sens puisqu’une enquête avait été demandée à l’autorité britannique de la concurrence pour évaluer les risques et conséquences d’un tel rachat.

Les premières conclusions du rapport mettraient en avant un risque potentiel pour la sécurité nationale, ce qui expliquerait aussi la possibilité d’un blocage de la transaction.

Plus largement, l’Europe, consciente de son retard en matière de conception et production de composants, tente de renverser la vapeur avec un grand plan stratégique visant à lui permettre de créer ses propres puces en gravure fine d’ici la prochaine décennie.