Quels sont les enjeux et les défis des directions des ressources humaines à la lumière d’une année 2020 marquée par la crise sanitaire ?

Conduite au cœur de la crise sanitaire, une enquête menée auprès d’une centaine de DRH d’entreprises – de toute taille et industrie – est révélatrice du rôle de plus en plus stratégique joué par ces professionnels du capital humain au sein de leur organisation. Pendant cette période si particulière, la fonction RH était sur tous les fronts pour préserver la santé des salariés et veiller au maintien de l’activité. En 2020, les DRH ont également été fortement mobilisés par les enjeux d’accélération de la transformation digitale liés à la crise.

Les ressources humaines ont enfin contribué à réduire l’impact de la crise sur la santé de l’entreprise, en accompagnant les salariés, en gérant au mieux les aides de l’État, ou encore en réduisant les dépenses et en gelant les recrutements. Désormais, les RH se concentrent sur la sortie de crise : remobiliser les collaborateurs et les faire revenir sur leur lieu de travail peut s’avérer complexe. En outre, alors que le plan de vaccination s’accélère et devient obligatoire pour certaines professions, il n’est pas exclu que le phénomène de l’absentéisme en entreprise soit tout aussi marqué en 2021. Pour toutes ces raisons, la fonction RH est aujourd’hui perçue comme essentielle au plus haut niveau de l’entreprise.

De grands bouleversements touchent la fonction RH

Accompagner la transformation des entreprises arrive en tête des priorités des DRH. La fonction RH, longtemps perçue comme un service administratif, a en effet une responsabilité clé dans l’évolution des collaborateurs. Les RH doivent maintenant aider l’entreprise à faire face aux nouvelles formes de concurrence, ce qui signifie notamment accompagner les équipes dans l’appropriation des nouvelles technologies. Au rang des priorités affichées figure l’optimisation des coûts, qui ne s’est pas pour autant traduite par une suppression de postes en 2020. Autre grand bouleversement pour la fonction RH : l’accompagnement des collaborateurs, et notamment des managers lors de la mise en place du télétravail, une pratique qui s’est véritablement accélérée l’année passée.

Des mutations durables s’installent

La flexibilité instaurée par la généralisation du télétravail est une tendance qui devrait encore s’accentuer, tant le monde du « sans contact » s’impose petit à petit à notre existence. Le digital devrait aussi prendre de plus en plus d’ampleur dans les entreprises et le quotidien des collaborateurs, qui pâtissent dans l’ensemble du retard accusé par les entreprises dans ce secteur. En dernier lieu, les entreprises devraient continuer sur leur lancée en matière d’agilité et de réactivité face au changement, la capacité d’innover toujours plus vite s’avérant primordiale.

Et pour y faire face, certaines compétences deviendront essentielles. Les compétences historiques des RH, que sont le social et le juridique, restent importantes mais sont aujourd’hui rattrapées par la compréhension des enjeux business de l’entreprise. Sortir d’une logique de poste pour aller vers une logique de compétences doit également faire partie du panel de talents des DRH, au même titre que la recherche de l’amélioration de l’expérience salariée. Et, n’oublions pas les compétences analytiques qui, face à l’afflux de données RH, s’avèrent déjà cruciales pour toute prise de décision.

Des défis à relever

La fonction RH devra lutter contre l’absentéisme et renforcer pour cela son travail d’écoute et de prévention. Les DRH auront en outre l’obligation de faire progresser l’employabilité des salariés, ces derniers ayant par ailleurs de fortes attentes sur ce thème. L’importance de la quête de sens au travail ressortira également, un phénomène qui impacte fortement l’engagement des collaborateurs, notamment dans un contexte de « retour au bureau ». Enfin, un dernier défi, celui-ci quasi permanent, attend les RH : l’amélioration de l’expérience salariée, qui exige écoute et accompagnement dans la durée.