La volonté du groupe Nvidia de racheter le spécialiste des architectures mobiles (mais pas seulement) ARM pour 40 milliards de dollars a créé des remous dans le secteur des puces.

Autant le précédent acquéreur, le japonais Softbank, était éloigné du monde des puces et ne risquait pas d’influer sur la stratégie et l’accès aux technologies de ARM, autant Nvidia, concepteur de puces diverses, pourrait potentiellement orienter le marché à son avantage en durcissant ou limitant les conditions d’accès aux licences.

Nvidia ARM

C’est du moins la crainte de nombre d’acteurs utilisateurs des architectures ARM et l’interrogation des régulateurs qui ne valideraient alors la transaction qu’en échange de garanties. Le gouvernement US a ouvert une enquête sur les requêtes de plusieurs groupes high-tech faisant valoir le risque d’une prise de position anticoncurrentielle.

Il y a également une question de souveraineté et de sécurité nationale mise en avant par le gouvernement britannique qui rechigne à laisser passer une entreprise stratégique sous pavillon US à l’heure où la pénurie mondiale de composants montre les limites du système.

Se donner encore du temps

Dans ce contexte, le délai d’obtention des différents feux verts s’en trouve prolongé. Le CEO de Nvidia Jensen Huang, n’a pu que le confirmer lors d’un entretien au Financial Times.

Sans pointer un obstacle en particulier et tout en se disant convaincu de pouvoir obtenir les différents sésames, il a souligné que l’accord définitif pourrait n’être scellé que fin 2022, au lieu du début de l’année prochaine.

Il reste toutefois possible que le rachat de ARM n’aboutisse pas. D’autres tentatives, comme celle de Qualcomm sur NXP, ont déjà été bloquées ces dernières années.