Comment réussir son implantation professionnelle dans une autre région Confinement, couvre-feu, télétravail… La pandémie a bouleversé les habitudes des travailleurs mais a aussi offert une opportunité rare : celle d’avoir du temps pour la remise en question. Et donc de penser à changer d’air, de région.

L’attrait de l’ailleurs a gagné du terrain chez les actifs depuis le début de la crise sanitaire. Une enquête d’HelloWork, éditeur de sites d’emplois axé sur les régions le confirme. Si cette tendance existait avant la pandémie, elle se renforce désormais. Les travailleurs français souhaitent changer d’air. Par exemple, quatre franciliens sur dix recherchent un emploi en dehors de leur région. L’attractivité réside principalement dans l’Ouest, ainsi que dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.

“Parmi les métropoles qui attirent les actifs, celles qui ressortent sont Rennes, Nantes et Strasbourg, avance Amélie Bazire, directrice commerciale chez HelloWork. La qualité de vie ressort comme premier choix. Parmi les critères de sélection, il y a aussi le dynamisme de l’emploi et la qualité de l’environnement. “Du fait des périodes de confinement, les gens veulent retourner un nouvel équilibre professionnel/personnel.” Toute la difficulté réside dans le fait de trouver à la fois une région dynamique en terme d’emploi, un environnement attractif ainsi qu’un coût de la vie faible, en ce qui concerne le logement notamment. Voilà comment s’y prendre.

Identifier la dynamique du marché

Certaines régions tentent d’attirer les talents et lancent des sites Internet spécifiques

Pour être recruté, il faut aller là où sont les recruteurs. Il s’agit de s’informer sur les entreprises de la région dans laquelle on souhaiterait s’installer et surtout d’identifier les métiers recherchés dans cette région. Cela passe par la consultation des sites ou des plateformes dédiés aux régions, tels que les plateformes HelloWork, Regionsjobs.com ou Lesjeudis.com, qui répertorie les offres dans l’informatique par région. Il existe également des sites qui sont spécifiques à chaque région. “Certains endroits tentent d’attirer les talents, note Amélie Bazire. La métropole de Brest, par exemple, avait fait beaucoup de démarches pour développer des services et conseils pour activer les réseaux des entreprises pour intégrer les conjoints.”

Identifier les secteurs d’activité qui stimulent le marché de l’emploi

“En 2020, c’est clairement la distribution, le commerce de gros qui va porter l’emploi dans ces différentes régions, suivie par le BTP, l’industrie, estime Amélie Bazire. La banque, l’assurance et la finance représentent aussi des secteurs créateurs d’emploi.” Ce sont des secteurs qu’il va falloir cibler. Les métiers très en vogue sont dans la comptabilité. Par ailleurs, depuis le début de la pandémie, il y a une forte croissance dans la santé.”

Développer un réseau

Pensez à contacter les associations d’entreprises ou de corps de métier dans la métropole visée

Cela demande du temps et de l’investissement. Bien connaître une ville, une région, c’est connaître les acteurs du secteur d’activité dans lequel on travaille. Il est donc important de se donner les moyens de se reconstituer un réseau lorsqu’on déménage. “Souvent, on s’aperçoit que les actifs se rapprochent de leur famille,” note Amélie Bazire. Il existe par ailleurs plusieurs associations d’entreprises ou de corps de métier dans toutes les métropoles.

Ne pas se précipiter

Avant de se lancer, il faut analyser la composition du tissu économique dans la région souhaitée

“Il faut prendre le temps de bien comprendre le tissu économique de la région dans laquelle on souhaite s’installer, chercher à maximiser ses chances pour trouver la bonne entreprise.” En effet, le tissu économique dans l’Ouest, “plutôt orienté agroalimentaire”, n’est pas le même que dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes / PACA, où l’on trouve notamment des entreprises liées aux pharmaceutiques ou aux transports.

Rechercher une formation

Parfois une région peut séduire, mais les offres ne correspondent pas à votre profil. Il faut donc passer par la case formation. “Soit on a les compétences et ça marche soit on prend le temps d’acquérir ces compétences à travers une formation”, insiste Amélie Bazire. Par ailleurs, le développement des formations à distance s’est fortement accru. Les formations certifiantes, comme l’anglais par exemple, sont en augmentation de 113%.