Recrutement chez Salesforce : 2 à 3 mois pour décrocher sa place dans le Cloud Trois étapes sont décisives, dont une présentation orale comprise entre 45 minutes et une heure. Une implication des candidats dans des causes caritatives est un plus.

L’entreprise américaine, créée en 1999, est à 100% immergée dans le Cloud et a été un précurseur dans ce domaine. Elle est une spécialiste des technologies de gestion de la relation client (CRM) et offre aux entreprises une vue unifiée de leurs clients sur une plateforme intégrée. Depuis sa conception, Salesforce se veut une entreprise philanthropique, engagée auprès de communautés. Et forcément, connaître les valeurs qui fondent la société est un impératif pour tout postulant. Elles sont au nombre de quatre, selon Yaëlle Leben, DRH de Salesforce.

Quatre grandes valeurs à connaître

La première est la confiance. “Nous nous assurons que les objectifs sont partagés et évolutifs. En cette période de pandémie, nous avons mis la santé mentale et physique au cœur de tous nos processus”, explique-t-elle. La deuxième est la satisfaction client. “Tous nos outils sont dédiés à nos clients pour leur permettre de comprendre les leurs”. La troisième est l’innovation : les outils doivent être en avance sur la concurrence. Et la dernière concerne l’égalité. “Salesforce doit refléter la société dans laquelle nous vivons : le genre, les CSP, la diversité, l’inclusion…”, affirme Yaëlle Leben.

Yaëlle Leben, DRH de Salesforce. © ©Salesforce France

Grâce à ces valeurs, Salesforce est, selon le classement du site de notation des entreprises Glassdoor, numéro un des entreprises transparentes et numéro un du classement Great Place to Work, en France en 2021. “Il est important que nos candidats reflètent la société dans laquelle nous vivons et que nous-mêmes soyons totalement inclusifs. Nous recherchons donc des candidats en adéquation avec ces valeurs et avec ce sentiment d’entreprise engagée auprès des communautés qu’elle sert. C’est notre fil conducteur tout au long de notre processus de recrutement“, analyse Yaëlle Leben. Et d’ajouter : “Nous savons prendre quelques risques en allant chercher des personnes qui n’ont pas forcément le bon CV requis, mais chez lesquelles nous détectons de grandes qualités. Nos recruteurs et nos managers se doivent d’être ouverts et nous leurs donnons des formations dans ce sens.” Ils sont tous formés (pendant deux heures avec ensuite un questionnaire qui valide la bonne compréhension) aux pratiques de recrutement inclusives sur une plateforme interne nommée Trailhead, disponible également pour tous leurs collaborateurs.

Trois étapes fondamentales à franchir

Un entretien avec les RH, un autre avec un manager et, enfin, une présentation orale devant un panel interne de trois à cinq personnes

Salesforce a mis en place une certification de recrutement inclusive pour procéder aux embauches. L’objectif est de limiter les biais inconscients des recruteurs. Et l’entreprise s’assure, lors de la définition des postes, de ne lister que les compétences avec des descriptions de fonction inclusives. Après avoir été sélectionnés, les candidats vont franchir trois étapes. L’équipe recrutement RH débute les premières rencontres en one to one, pendant 45 minutes à une heure, pour s’assurer des compétences requises, valider l’adéquation de ces compétences avec les opportunités actuelles ou futures au sein du groupe. “Il est important que nous ayons un pipeline de candidats pour aujourd’hui ou pour demain, car nous connaissons des évolutions importantes de nos recrutements”, précise Yaëlle Leben.

Un grand oral qui se déroule en deux temps

S’ensuit un entretien avec un manager, pendant 45 minutes une heure, sur des sujets liés au poste envisagé. Puis le candidat est confronté à un exercice (désigné “panel” en interne) de présentation orale, de 45 minutes à une heure, face à une équipe de trois à cinq personnes pour cerner son parcours, ses réalisations et le plan ou les idées qu’il pourrait mettre en place s’il rejoint l’entreprise. Salesforce s’efforce à ce que les personnes face au candidat soient représentatives en termes de CSP, de métiers, etc.

L’oral devant le panel interne peut s’effectuer en anglais lorsqu’un des panelistes est anglo-saxon

Cet oral se déroule en deux temps. Une première phase est dédiée aux idées et au plan du candidat, puis une seconde est formée de questions-réponses. Les thèmes de cet exercice sont communiqués au candidat avant présentation, pour qu’il puisse y réfléchir calmement avant de passer l’épreuve. “Nous apprécions de connaître l’avis, le regard du candidat sur notre entreprise, car il est souvent pertinent. Nous jugeons ainsi leur recul et leur capacité à voir ce que Salesforce représente. Ce qui nous permet d’évaluer leurs compétences, les liens réalisés avec nos valeurs et leurs capacités à en créer, leurs analyses sur les forces et les faiblesses de Salesforce. J’insiste, mais nous recherchons des candidats engagés sur les valeurs de notre entreprise. S’ils sont impliqués dans des causes caritatives ou du volontariat, c’est un plus”, martèle Yaëlle Leben. Salesforce se veut une entreprise altruiste avec son modèle “1-1-1”, qui alloue 1% du capital, 1% de temps et 1% de production à des projets philanthropiques. Chaque collaborateur au niveau mondial depuis la création de Salesforce a le loisir de passer sept jours par an, rémunérés par l’entreprise, pour participer à des actions dans des associations. “C’est d’ailleurs l’un de nos outils pour créer du lien dans nos équipes. En 2020, 21 000 heures ont été dédiées au volontariat par nos collaborateurs”, indique la DRH.

“Nous apprécions de connaître l’avis, le regard du candidat sur notre entreprise”

Les deux entretiens, pour le périmètre France, se déroulent en langue française et le panel peut s’effectuer en anglais lorsqu’un des panelistes est anglo-saxon. Tout dépend des postes et des fonctions. Cependant, Salesforce vérifie dès le premier entretien le niveau d’anglais. Aucun exercice écrit ou sous forme de QCM n’est pratiqué. Et la totalité des candidats ont un retour même s’il est négatif. En moyenne, le recrutement s’étale entre deux et trois mois.

Parole de nouveaux embauchés

Pour Valérie Deleuze, 55 ans, directrice région Grand Ouest de Salesforce depuis le 16 mai 2020, son recrutement exclusivement en virtuel était une première. “J’ai trouvé cela très intéressant, c’est une expérience à vivre, dit-elle. J’ai été accompagnée dans la préparation du panel par un “buddy” (un pote, ndlr), un collaborateur Salesforce qui nous aide, ce qui est à la fois efficace et très engageant. Lors de mes échanges avec les différents interlocuteurs, j’ai obtenu toutes les réponses à mes questions et tous se sont montrés réactifs et disponibles. Le projet en lui-même et la qualité de mes interlocuteurs m’ont rassurée tout au long de la phase de recrutement. Du début à la fin du processus, j’ai apprécié la qualité d’écoute, les échanges francs et la possibilité de vraiment dire qui je suis, et comment s’expriment mes qualités professionnelles à travers mes expériences de vie, même les plus difficiles”, conclut Valérie Deleuze.

“J’ai été accompagnée dans la préparation du panel par un “buddy”, un collaborateur Salesforce qui nous aide, ce qui est à la fois efficace et très engageant”

Ces entretiens ont été également vécus de façon positive par Sofia Marnaoui, 25 ans, business development associate depuis le 1er février 2021. “Mon recrutement a eu lieu selon un process entièrement virtuel sur Google Meet et a duré environ deux mois. J’en ai conservé un bon souvenir, notamment grâce à la très bonne communication de la part des RH et aux sessions de réseautage avec des employés de Salesforce organisées entre les différents entretiens. Ces échanges se sont passés dans une très bonne ambiance car j’étais entourée de managers bienveillants et d’une équipe de recrutement très enthousiaste. En outre, j’ai également apprécié le temps qui m’a été donné entre les différents entretiens pour pouvoir bien me préparer. L’équipe de recrutement a d’ailleurs été d’une grande aide à ce niveau”, raconte Sofia Marnaoui.

“J’ai pu rencontrer plusieurs responsables opérationnels et ça a été décisif dans ma compréhension de l’entreprise et de ses valeurs”

Un autre nouvel embauché a lui aussi apprécié la qualité des débats qui lui ont permis, entre autres, de décrocher son poste. Selon Reynald Parienti, 46 ans, strategic account executive depuis le 31 janvier 2021, son recrutement s’est déroulé de manière simple et directe : “Le recruteur m’a mis à l’aise avec l’usage du tutoiement dès le premier échange ! J’ai beaucoup apprécié cette approche ouverte, franche et sans détours qui invite à en savoir plus sur les valeurs de l’entreprise et à se projeter dans l’organisation. On se sent soutenu tout au long du processus par les différents interlocuteurs qui nous accompagnent avec des conseils pratiques qui m’ont permis de préparer mes interviews et mon panel de façon optimale. J’ai pu rencontrer plusieurs responsables opérationnels et ça a été décisif dans ma compréhension de l’entreprise et de ses valeurs”, juge-t-il.

Salesforce comptabilise un effectif d’un peu plus de 1 000 personnes en France aujourd’hui et projette sur un accroissement de 20% de ses embauches sur 2021. “Nous recrutons principalement des ingénieurs commerciaux, des équipes avant ventes, des customers success qui accompagnent nos clients dans l’adoption de nos outils et de notre plateforme, des ingénieurs R&D (Salesforce possède un centre de R&D en France, ndlr) et des fonctions support (marketing, RH, finances,…)”, détaille Yaëlle Leben. L’entreprise embauche à la fois des jeunes diplômés et des profils plus expérimentés. La maison mère de Salesforce a par ailleurs finalisé le 21 juillet 2021 l’acquisition du spécialiste des solutions de télétravail collaboratif Slack Technologies pour près de 23,48 milliards d’euros.