En février dernier, le rover Perseverance de la Nasa s’est posé sur le sol martien dans le cratère d’impact Jezero de 45 km de diamètre, dont l’intérêt scientifique avait été repéré par des images orbitales. Ce site aurait jadis abrité un lac d’eau liquide.

C’est bien ce qui est révélé par des observations obtenues avec l’instrument Supercam de l’astromobile développé dans le cadre d’une collaboration entre des équipes aux États-Unis et en France, et ce grâce à des images prises à 2,2 km de distance de la cible étudiée. De quoi tout de même observer des détails de moins de 10 cm, note le CNRS.

Une première étude depuis l’arrivée de Perseverance sur Mars a été publiée dans la revue Science. Il y a 3,6 milliards d’années, le lac d’une dizaine de mètres de profondeur s’étendait sur une surface de l’ordre de 35 km de diamètre.

Retrouver des traces de vie passée…

Invisibles avec des observations orbitales, des formations géologiques permettent d’en apprendre davantage sur l’évolution hydrologique du cratère Jezero qui a été alimenté par une rivière via un delta baptisé Kodiak. Le lac était fermé – pas de rivière de sortie pour l’eau – avec des niveaux d’eau fluctuants.

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Le climat de Mars était suffisamment chaud et humide pour soutenir un cycle hydrologique à sa surface, au moins de façon épisodique “, peut-on lire dans l’étude (illustration ci-dessus). Un changement climatique d’ampleur aurait tout bouleversé.

Le CNRS explique que les observations de Supercam ont permis d’identifier des ” strates sédimentaires qui sont de très bonnes candidates pour retrouver des traces de vie passée “, ainsi que des ” blocs rocheux de grande taille pour des fragments de croûte martienne.

Rappelons que Perseverance mène une campagne de prélèvement d’échantillons. Ils seront conservés à la surface pour une future mission de retour sur Terre à l’horizon 2030.